Décès de Léon Zyguel, témoin au procès Papon

Publié le par Le Figaro

Décès de Léon Zyguel, témoin au procès Papon

Léon Zyguel, déporté à Auschwitz et à Buchenwald, témoin lors du procès de Maurice Papon, est décédé jeudi à l'âge de 87 ans, ont indiqué hier le Parti communiste et le Front de gauche.

Décès de Léon Zyguel, témoin au procès Papon

Né à Paris en 1927 de parents juifs polonais émigrés en France, Léon Zyguel est arrêté par la gendarmerie allemande à 15 ans, en mai 1942, au passage de la ligne de démarcation.

Déporté à Auschwitz en septembre 1942, il participe en janvier 1945 à l'une des "marches de la mort", qui voient les Allemands faire évacuer certains camps devant l'avance des troupes soviétiques, et se retrouve à Buchenwald. Là, il participe avec les prisonniers à la libération du camp, le 11 avril 1945.

Dans un communiqué vendredi soir, François Hollande, a salué la mémoire de Léon Zyguel, "cet inlassable combattant de la liberté" dont le "seul crime était d'être juif" et rappelé qu'il avait assisté à la projection du film "Les héritiers" à l'Elysée le 23 novembre dernier.

Militant communiste et anticolonialiste après la guerre, acteur de son propre rôle dans le film "Les héritiers" (2014), où il venait raconter sa déportation aux élèves d'un lycée de Créteil, Léon Zyguel vivait à Montreuil, près de Paris.

"Installé depuis plus de 50 ans à Montreuil, Léon était une personnalité attachante et remarquée de notre ville, où il jouait un rôle actif dans la transmission de la mémoire", ont rappelé les élus du Front de gauche, qui saluent "sa modestie, son humanité rare, sa hauteur d'esprit, sa simplicité à dire l'indicible et les valeurs qu'il défendait et incarnait".

Il avait été témoin à charge dans le procès de Maurice Papon, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde, entre 1942 et 1944.

Léon Zyguel est mort deux jours après les commémorations du 70e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, le 27 janvier. A cette occasion, il avait témoigné dans l'Humanité: "L'essentiel, c'est de garder sa dignité. Il ne faut jamais l'oublier. Eux voulaient nous déshumaniser pour mieux nous abattre".

Il était chevalier de la Légion d'honneur.

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