Bulgarie : décès de Jeliou Jelev, premier président post-communiste

Publié le par Le Courrier des Balkans traduit par Jaklina Naumovski

Bulgarie : décès de Jeliou Jelev, premier président post-communiste

Premier président élu de la Bulgarie post-communiste, Jeliou Jelev est mort ce 30 janvier à 79 ans. Ses obsèques ont eu lieu dimanche, en présence de nombreuses personnalités politiques bulgares et balkaniques. La Bulgarie a décrété un jour de deuil national.

Avec George Bush Sr., en 1990

Avec George Bush Sr., en 1990

Avec agences - Les présidents macédonien, albanais, bosnien et kosovar ont assisté à la cérémonie, ainsi que la vice-présidente de la Commission européenne, Kristalina Gueorguieva.

La messe, servie par le chef de l’Eglise orthodoxe bulgare, le patriarche Neofit, s’est déroulée en présence des anciens présidents bulgares, Petar Stoïanov et Gueorgui Parvanov, et l’ex-président roumain, Emil Constantinescu.

« C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès du grand homme politique bulgare et chef d’État, Jeliou Jelev. C’est une immense perte pour la Bulgarie et pour les démocrates de ce monde », peut-on lire dans la lettre du président Rosen Plevneliev adressée à la famille.

« Il était un modèle de dignité intellectuelle et citoyenne, ayant une dévotion sans compromis pour la liberté et la démocratie », a déclaré le chef parlementaire Tsetska Tsacheva, ajoutant que sa contribution au progrès démocratique du pays était incontestable.

Exclu du parti

Né le 3 Mars 1935 à Veselinovo, Jeliou Jelev a étudié la philosophie à l’Université Saint-Clément d’Ohrid de Sofia entre 1961 et 1964. Membre du Parti communiste, il en est expulsé en 1965 pour raisons politiques et idéologiques et reste sans emploi jusqu’en 1972. Il soutient en 1974 sa thèse et l’année suivante, il commence à travailler en tant que chercheur à l’Institut de la Culture, réussissant à être à la tête de la section « Culture et personnalité » de 1977 à 1982. Cette même année, il publiera son livre « Le fascisme », qui dresse des comparaisons entre le communisme et le fascisme. L’ouvrage sera interdit trois semaines après sa publication.

En 1988, il crée un mouvement semi-légal, « l’Union pour la Glasnost et la Perestroïka » et sera jusqu’au 10 novembre 1989 l’un des plus célèbres dissidents en Bulgarie. A la chute du mur de Berlin, il participe activement à la vie publique et politique du pays. Il est l’un des fondateurs de l’Union des forces démocratiques (UFD), et son premier dirigeant.

Après les premières élections démocratiques en juin 1990, il devient membre de la 7ème Assemblée nationale, et le 1er août suivant, il est élu par les députés président de l’Assemblée. En janvier 1992, Jelev devient le premier président de la Bulgarie élu démocratiquement après des élections libres, et occupera ce poste jusqu’en 1997.

À l’automne 1996, il perd les primaires pour la présidentielle au sein de son parti UDF remportées par Petar Stoïanov. Suite à cela, il crée le Parti libéral qu’il mène aux élections législatives d’avril 1997, mais subira un nouvel échec.

Au fil des ans, Jeliou Jelev aura été critiqué par les milieux anti-communistes, qui estiment que les résultats des premières élections démocratiques de 1990 auraient été manipulés.

En 1997, vers la fin de son mandat présidentiel, Jeliou Jelev a créé la Fondation Jelev qui vise à sensibiliser les jeunes aux valeurs de la démocratie.

En mai 2001, il fonde le Club politique des Balkans, dont la devise est « européanisons les Balkans », rassemblant des politiciens et les intellectuels de la région, dont les anciens dirigeants roumain Ion Iliescu, turc Süleyman Demirel, roumain Emil Constantinescu et macédonien Kiro Gligorov, sans compter d’autres dirigeants politiques de Bosnie-Herzégovine, de Grèce, d’Albanie, de Macédoine et de Turquie.

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