Pourquoi sommes-nous toujours obsédés par les nazis?

Publié le par L'Express

Pourquoi sommes-nous toujours obsédés par les nazis?

Sept décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, pourquoi Hitler et les nazis exercent-ils une telle fascination dans la culture occidentale? L'historien Richard J. Evans apporte des éléments de réponse dans un nouveau livre.

Adolf Hitler, alors chancelier d'Allemagne, lors d'un rassemblement en 1938

Adolf Hitler, alors chancelier d'Allemagne, lors d'un rassemblement en 1938

Pourquoi les nazis ont-ils une place si importante dans la mémoire collective? C'est la question que s'est posée l'historien britannique Richard J. Evans dans son dernier livre, The Third Reich in History and memory (Le IIIe Reich dans l'Histoire et la mémoire). Qu'est-ce qui fascine nos sociétés occidentales dans le nazisme au point que ce sujet est omniprésent dans les références et la culture populaires? C'est la question que s'est posé l'historien. 

Les nazis au cinéma

Dans un essai un plus court publié dans le Guardian, Richard J. Evans explore la manière dont la société moderne s'est emparée de ce phénomène. Et comment, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et la déroute du Troisième Reich, notre vision et notre compréhension de l'héritage du nazisme se sont peu à peu transformées. Peu de périodes de l'Histoire sont autant représentées dans la culture populaire que la période du nazisme, et les horreurs qui en ont découlé, constate l'historien en citant les grands réalisateurs de cinéma, qui ne cessent de produire des films sur le sujet, de La liste de Schindler de Spielberg à Inglorious Basterds de Tarantino en passant par Le Pianiste de Polanski. 

Le film de Steven Spielberg, sorti en 1993, marque d'ailleurs l'époque à laquelle "la mémoire de l'Holocauste est entrée la culture" des pays d'Europe et d'Amérique du nord, avec l'ouverture de musées et mémoriaux à la mémoire des victimes du nazisme et des camps de la mort. "D'anciens prisonniers des camps ont aussi commencé à publier leurs mémoires après des décennies de silence", note l'historien. L'arrivée dans les professions médicales et légales d'une génération d'Allemands qui n'avaient pas de lien avec le IIIe Reich a facilité la prise de recul, la mise à jour et la critique de l'implication des scientifiques dans les expériences menées par les nazis sur les juifs et autres populations enfermées dans les camps de concentration, note Richard J. Evans. 

L'incarnation du mal

Mais selon lui, le début de la prise de conscience collective remonte aux années 1960. C'est à cette période notamment que les Allemands ont commencé à se demander comment et pourquoi les nazis avaient pu accéder au pouvoir trente ans plus tôt. Aujourd'hui, les raisons pour lesquelles le nazisme "fascine" sont diverses.  

Richard J. Evans estime notamment qu'Adolf Hitler fait figure de despote, comme rarement un leader politique dans l'histoire. Sans pour autant créer une hiérarchie des bourreaux, il explique que, contrairement à d'autres figures historiques ayant conduit à des génocides comme Pol Pot ou Staline, Hitler, lui, fascine car il est "l'incarnation du mal": "il est le seul à avoir délibérément exterminé des millions de personnes à cause de leur race et a utilisé des chambres à gaz spécialement construites pour cela". 

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article