Rebondissements suite à la mort mystérieuse de Nisman

Publié le par Tribune de Genève

Rebondissements suite à la mort mystérieuse de Nisman

Le procureur Alberto Nisman, dont la mort non élucidée a secoué l'Argentine, avait un temps envisagé de demander la détention de la présidente Cristina Kirchner pour entrave à la justice, a déclaré mardi 3 février la procureure Viviana Fein.

Lors d'une marche exigeant la justice pour Nisman, le jour de son enterrement, le 29 janvier dernier

Lors d'une marche exigeant la justice pour Nisman, le jour de son enterrement, le 29 janvier dernier

Après avoir démenti lundi l'information, la procureure a fait état de la découverte dans une poubelle d'un brouillon de 26 pages en ce sens, daté du 14 juin 2014, lors de perquisitions dans l'appartement d'Alberto Nisman, où il est mort le 18 janvier.

Quatre jours plus tôt, Alberto Nisman, en charge de l'enquête sur l'attentat antijuif de l'AMIA (85 morts en 1994), avait accusé Cristina Kirchner d'avoir fait entrave à la justice en favorisant l'impunité de suspects iraniens.

Demande vouée à l'échec

Dans son dossier d'accusation, Alberto Nisman n'a finalement pas inclus le document retrouvé dans la corbeille, selon Viviana Fein, à la tête de l'enquête ouverte pour «mort suspecte».

L'information sur l'existence du brouillon avait initialement été publiée dimanche par le quotidien Clarin, puis démentie lundi par Viviana Fein et le chef du gouvernement Jorge Capitanich, qui avait déchiré l'article de Clarin devant les caméras de télévision.

Si Alberto Nisman avait finalement choisi de demander la détention de la présidente, sa requête aurait dû être validée par un juge, puis suivre un chemin judiciaire long et tortueux.

Enfin, le parlement aurait dû l'approuver à la majorité des deux tiers, alors que la coalition de Cristina Kirchner détient la majorité dans les deux chambres. En résumé, une telle demande aurait été vouée à l'échec.

Mystère

Selon les éléments de l'autopsie et de l'enquête communiqués jusqu'ici par la procureure, les circonstances de la mort d' Alberto Nisman laissent penser à un suicide mais la majorité des Argentins se demandent pourquoi le magistrat se serait tué alors qu'il devait présenter le lendemain devant le Congrès ses accusations contre Cristina Kirchner et d'autres hauts fonctionnaires.

Alberto Nisman, 51 ans, divorcé et père de deux filles, a été enterré jeudi près de Buenos Aires.

Selon un sondage, 70% des Argentins estiment que la mort d'Alberto Nisman ne sera jamais élucidée.

Publié dans Articles de Presse

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