Affaire Nisman : l'enquête commandée par la famille conclut à un homicide

Publié le par Courrier International

Affaire Nisman : l'enquête commandée par la famille conclut à un homicide

D'après une enquête menée à la demande de la famille du procureur argentin retrouvé mort le 18 janvier, la thèse du suicide d'Alberto Nisman est exclue. 

Le 19 janvier 2015, à Buenos Aires, un manifestant porte une affiche "Yo soy Nisman" ("je suis Nisman") pour réclamer justice après la mort du procureur qui s'apprêtait à faire des révélations sur la présidente argentine Cristina Kirchner

Le 19 janvier 2015, à Buenos Aires, un manifestant porte une affiche "Yo soy Nisman" ("je suis Nisman") pour réclamer justice après la mort du procureur qui s'apprêtait à faire des révélations sur la présidente argentine Cristina Kirchner

Après un mois d'analyses et d'enquête, l'équipe d'experts et de médecins légistes sollicités par la famille du procureur Nisman a rendu public le 5 mars une partie de ses conclusions, rapporte La Nación. Dans une allocution très claire, son ex-femme (qui est elle-même juge) Sandra Arroyo Salgado assure que le procureur n'est pas mort par accident et qu'il ne s'est pas non plus suicidé. "Il s'agit d'un homicide", a-t-elle déclaré.

D'après le rapport de ces experts, le corps d'Alberto Nisman a été déplacé après son décès et, contrairement à ce qu'a déclaré l'agence nationale d'informations juridiques (Infojus), il n'avait pas consommé d'alcool avant sa mort. Depuis cette déclaration erronée, le directeur de l'Infojus a d'ailleurs été limogé de son poste.

Un tournant

"Cette déclaration de la juge Sandra Arroyo Salgado sur la mort de son ex-époux marque un tournant et aura des conséquences judiciaires et politiques", analyse Hernán Cappiello dans le quotidien La Nación. Elle ne parle pas de mobile, mais "ses explications explosent au visage du gouvernement", poursuit-il. Sa conclusion : "S'il s'agit d'un crime, la mort violente du procureur nous plonge dans un état d'impuissance ; de quoi rendre tout représentant de la loi impliqué dans une affaire sensible vis-à-vis du pouvoir susceptible de se sentir menacé." 

Publié dans Articles de Presse

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