Interrogé par France 2, Bachar el-Assad reste inflexible

Publié le par Radio France Internationale

Interrogé par France 2, Bachar el-Assad reste inflexible

Une interview de Bachar el-Assad a été diffusée ce lundi soir dans le journal télévisé de France 2. Interrogé à Damas par David Pujadas, le président syrien campe sur ses positions. Il nie l'utilisation d'armes chimiques par l'armée syrienne, accuse la Turquie d'avoir aggravé la situation. Bachar el-Assad évoque par ailleurs des contacts entre les services de renseignement syriens et français.

Bachar el-Assad interviewé par France 2 à Damas (capture d'écran).

Bachar el-Assad interviewé par France 2 à Damas (capture d'écran).

L'interview était exclusive. C'était la première fois depuis le début du conflit syrien qu'une télévision française interrogeait le président Bachar el-Assad. Elle a été réalisée dans le plus grand secret à Damas dimanche 19 avril. Mais si la forme est nouvelle, le fond, lui ne change pas. Pendant les 15 minutes diffusées ce lundi, le leader syrien a maintenu sa ligne de conduite.

Bachar el-Assad a d'abord nié sa responsabilité dans un conflit qui dure depuis plus de quatre ans, accusant des « terroristes » appuyés par des Etats occidentaux et régionaux et se prétendant soutenu par son peuple.

Questionné sur des bombardements attribués à l'armée, le président syrien a affirmé que celle-ci n'avait jamais utilisé des barils d'explosifs jetés depuis des hélicoptères. « Je n'ai jamais vu ce genre de choses dans notre armée. (...) Nous n'utilisons que des armes conventionnelles, qui nécessitent de viser. Nous n'avons aucun armement qui puisse être utilisé de façon aveugle », a-t-il assuré. Il a nié également l'utilisation d'armes chimiques durant la bataille d'Idleb le mois dernier, contrairement à ce qu'affirme l'ONG Human Rights Watch.

Des « contacts » entre services de renseignement

Des « contacts » entre services de renseignement syriens et français ont eu lieu dans le cadre de la lutte contre l'organisation Etat islamique, a indiqué par ailleurs le président Bachar el-Assad, mais il n'y a pas eu de « coopération ». Des responsables des services de renseignement français « sont venus en Syrie mais nous ne sommes pas allés en France. Ils sont peut-être venus pour échanger des informations, mais quand vous voulez avoir ce type de collaboration, il faut de la bonne volonté des deux côtés », a poursuivi le président syrien, laissant entendre que ce n'était pas le cas du côté de Paris.

Quant à la question d'une relance des relations avec la France, si Bachar el-Assad s'est dit prêt à dialoguer avec « quiconque », il a néanmoins demandé : « Mais comment peut-on établir un dialogue avec un régime qui soutient le terrorisme dans notre pays ? », reprenant ainsi son habituel discours présentant l'opposition syrienne comme des terroristes.

Il n'y a pas de dialogue pour le dialogue. L'objectif est d'aboutir à certains résultats. Pour moi, le résultat serait que le gouvernement français cesse son appui aux terroristes dans mon pays

Publié dans Articles de Presse

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