Patachou, la mort d'une voix de Paris

Publié le par La Dépêche

Elle avait vu Brel et Brassens débuter dans son cabaret, permis à Edith Piaf de roder ses tours de chants et incarné la grand-mère de Sophie Marceau dans le «Belphégor» de Jean-Paul Salomé. Mélange de gouaille et d'élégance Patachou, son vrai nom Henriette Ragon, s'est éteinte jeudi à 96 ans, entourée de sa famille.

Patachou, la mort d'une voix de Paris

Patachou, la mort d'une voix de Paris

Cette fille d'artisan, d'abord dactylo puis employée d'usine, prend en 1948 la direction d'un cabaret-restaurant à Montmartre, avec son mari Jean Billon, dont elle fait rapidement un haut lieu de la nuit parisienne.

«Chez Patachou» a vu débuter de très nombreux artistes dans ce haut lieu de la chanson populaire qui a fermé ses portes dans les années soixante-dix. Soutenue par Maurice Chevalier, elle avait ensuite elle-même pris le micro. Grâce à sa voix rauque et chaude, son «Bal chez Temporel» est resté célèbre tout comme «La Bague à Jules» ou «Toutes les femmes de mon mari».

Elle s'est aussi produite à l'étranger (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Brésil), obtenant parallèlement des petits rôles au cinéma (1954) dans «French Cancan» de Renoir et «Napoléon» de Guitry. À partir des années 1980, Patachou est plus présente au cinéma et à la télévision. Elle interprète une tueuse à gages dans «Cible émouvante» de Pierre Salvadori (1993), joue dans «Les Acteurs» de Bertrand Blier (1999) et «Pola X» de Leos Carax (1999).

À la télévision, on la voit dans la série «Orages d'été» (1989), en bourgeoise dans «Les Grandes marées» (1993) ou en sœur tyrannique dans «T'as voulu voir la mer» (2003).

Officier de la légion d'honneur et commandeur des Arts et lettres, Patachou avait un seul fils, Pierre Billon, directeur artistique, parolier et compositeur qui a travaillé avec Michel Sardou et Johnny Hallyday.

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