Qui sont les quatre personnalités qui entrent au Panthéon ?

Publié le par Les Echos par Valérie Mazuir

Qui sont les quatre personnalités qui entrent au Panthéon ?

Le 27 mai, Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Germaine Tillion, quatre personnalités qui se sont illustrées par leur esprit de la Résistance pendant la Seconde guerre mondiale, vont entrer au Panthéon.Le 27 mai 2015, journée nationale de la Résistance, quatre personnalités vont faire leur entrée au Panthéon : Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Germaine Tillion. Qui sont-ils  ? Retour sur leur parcours emblématiques :

 

Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Germaine Tillion.

Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Germaine Tillion.

Pierre Brossolette

Ce journaliste et militant socialiste a oeuvré à la formation du Conseil national de la résistance, avec Jean Moulin. Il a notamment été membre du réseau du Musée de l’Homme, a mené plusieurs missions comme agent de renseignement, fut l’un des grands orateurs de la résistance sur la BBC. Arrêté le 3 février 1944, torturé, il s’est défenestré du 5e étage pour ne pas livrer, sous la torture, de secrets à la Gestapo .

Un portrait de Pierre Brossolette diffusé en 1984

Geneviève de Gaulle-Anthonioz

Née en 1920, Geneviève de Gaulle-Anthonioz est la fille du frère aîné du général de Gaulle. Il était étudiante lorsqu’elle a rejoint la Résistance. Arrêtée en juillet 1943, elle sera déportée, de février 1944 à février 1945, au camp de Ravensbrück, où son nom lui vaudra d’être mise au secret pour servir de monnaie d’échange avec des prisonniers allemands. Après la guerre, elle s’engage auprès des plus démunis et prend, en 1964, la tête du mouvement ATD-Quart Monde. En 1998, après un long combat, elle parviendra à faire adopter une loi de lutte contre la pauvreté. Première femme élevée à la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur, elle est décédée en 2002.

Un portrait diffusé en 2002 à l'occasion de son décès

Jean Zay

Né en 1904, cet avocat, journaliste et écrivain a connu une carrière politique fulgurante. Député radical-socialiste du Loiret, il devient en 1936, alors qu’il n’a que 31 ans, ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts dans le gouvernement du Front populaire de Léon Blum. Il laissera une profonde empreinte sur le système éducatif français. On lui doit la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans ou encore l’interdiction du port d’insignes politiques et religieux à l’école. Il lancera aussi plusieurs projets comme la création du Festival de Cannes, celle du CNRS et de l’ENA - des projets qui, pour certains, furent conduits après sa mort.

En 1940, il laisse son portefeuille ministériel pour s’engager contre l’Allemagne nazie. Alors qu’il compte mener le combat depuis les colonies, il sera piégé par le régime de Vichy, arrêté au Maroc en août 1940 et emprisonné. Il continuera alors à résister en concevant des projets pour la France d'après-guerre. Projets dont certains seront transmis clandestinement à la Résistance. A l'occasion d'un transfert vers une autre prison, Jean Zay a été assassiné par la milice le 20 juin 1944. Son corps, enfoui dans une crevasse, ne sera découvert qu'en 1946 et identifié en 1948.

Un portrait de Jean Zay diffusé en 1986

Germaine Tillion

Née en 1907, l’ethnologue Germaine Tillion fut une résistante de la première heure. Elle a notamment participé en juin 1940 à la création du réseau du Musée de l’Homme. Dénoncée, elle fut arrêtée en 1942 puis déportée à Ravensbrück. Au camp de concentration, elle s’attachera à expliquer le fonctionnement économique du système concentrationnaire pour mieux y résister et écrira également une opérette pour lutter par le rire contre les nazis. Rescapée, elle sera parmi les premiers à témoigner de l’enfer du système concentrationnaire et poursuivra de nombreux engagements, notamment pendant la guerre d'Algérie. Elle est décédée dans sa 101e année, en 2008.

Un portrait diffusé en 2014 à l'occasion de l'annonce de son entrée au Panthéon

Le programme de la cérémonie d'hommage

L'hommage de la République aux quatre grandes figures de la Résistance débutera à Paris dès le 26 mai. Le cortège funèbre, accompagné par la Garde républicaine, partira à 15 h 30 de la porte d'Orléans pour rejoindre la Sorbonne, via l'avenue du Général Leclerc, l'avenue Denfert-Rochereau, la place Camille-Jullian, le boulevard Saint-Michel et la rue des Ecoles. Le public pourra accéder à la Cour de la Sorbonne de 19 heures à 21 h 30.

Le lendemain, la cérémonie au Panthéon débutera à 17 heures. Le cortège se dirigera de la place Edmond Rostand jusqu'au Panthéon par la rue Soufflot. Après un hommage et un discours de François Hollande, les cercueils seront installés dans la nef. Le public pourra y accéder de 20 heures à 22 heures. A partir de 22h15, un spectacle de mise en lumière animera la façade et la place du Panthéon.

A la demande des familles, les cercueils de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion entreront au Panthéon sans leurs dépouilles mais avec de la terre prélevée sur leurs tombes. Les corps des deux grandes résistantes seront conservées dans les cimetières de Bossey (Haute-Savoie) et Saint-Maur-des-Fossés (Val de Marne).

Ces entrées doubleront donc le nombre de femmes qui reposent au Panthéon, en le faisant passer de deux - contre 70 hommes - à quatre. Seule la physicienne Marie Curie y a été admise pour son apport à l’Histoire et à la science. Sophie Berthelot n’y reposant qu’en qualité d’épouse du chimiste Marcellin Berthelot.

Publié dans Articles de Presse

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