Les restes de victimes d'un médecin nazi découverts à Strasbourg

Publié le par France Bleu par Clément Lacaton, France Bleu Alsace

Les restes de victimes d'un médecin nazi découverts à Strasbourg

Un historien vient de retrouver les traces d'expérimentations nazies menées par le professeur Hirt pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les restes de victimes d'un médecin nazi découverts à Strasbourg

Les chercheurs n'en croient pas leurs yeux. La communauté universitaire pensait qu'il ne restait aucune trace, depuis la Libération de Strasbourg en 1944, de cette page sombre de l'histoire alsacienne.

Des restes de victimes du médecin nazi, August Hirt, professeur d'anatomie rendu tristement célèbre pour ses expérimentations lors de la Seconde Guerre mondiale, viennent d'être découverts à l'institut de médecine légale de Strasbourg. C'est Roland Ries, le maire de Strasbourg, qui l'annonce ce samedi dans un communiqué.

Fragments de peau et d'organes

Un bocal et des éprouvettes : le docteur Raphaël Toledano, spécialiste de ce pan de l'histoire (auteur du documentaire "Le nom des 86", réalisé par Emmanuel Heyd), y a identifié le 9 juillet 2015 des fragments de peau et d'organes, issus de l'une des 86 victimes juives de la chambre à gaz du camp du Struthof. Tous les restes de ces expériences, retrouvés par les alliés, ont été inhumés dans un cimetière juif. La question était de savoir s'il en restait d'autres entre les murs de l'université. Un débat agitait d'ailleurs la communauté scientifique, un débat relancé en janvier par un livre de l'animateur Michel Cymes, qui mentionnait l'existence de ces restes.

"Collection de squelettes juifs"

A la fin de la guerre, le professeur Hirt souhaitait réaliser une "collection de squelettes juifs". Les pièces qui viennent d'être trouvées avaient été conservés par un professeur de la faculté de médecine de Strasbourg, Camille Simonin. Il s'agit de résultats d'autopsies réalisées par ce médecin légiste lors d'une enquête sur les crimes commis par le docteur Hirt. C'est une lettre de 1952 qui a permis à l'historien de remonter la piste.

La ville de Strasbourg promet de remettre ces restes, minitieusement étiquetés, à la communauté juive.

Publié dans Articles de Presse

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