Maurice Rafowicz et Samy Green, deux rescapés du Vél’ d’Hiv’

Publié le par Actualité Juive par Caroll Azoulay

Maurice Rafowicz et Samy Green, deux rescapés du Vél’ d’Hiv’

Maurice Rafowitz doit sa vie à une hospitalisation deux jours avant la rafle, tandis que les raisons de la sortie de Sammy Green du Vélodrome d’Hiver restent encore incompréhensibles. 

Samuel, Suzanne et Maurice Rafowitz

Samuel, Suzanne et Maurice Rafowitz

Maurice Rafowitz est né à Paris le 2 août 1938. En 1942, cela fait déjà deux ans que les lois allemandes sont en vigueur en France, mais explique Maurice, « personne ne se cachait encore car on ne pouvait imaginer que les juifs puissent être chassés et tués de la sorte ». Pourtant, cet été-là, des bruits courent faisant état de la menace d’une rafle sur les juifs parisiens. « Les plus riches sont partis en province, mais la plupart sont restés à Paris, n’y croyant pas ».

L’impensable se produit pourtant : les gendarmes français tapent à la porte le 16 juillet à 6 heures du matin. Les parents, Suzanne 6 ans, et Samuel 10 ans sont emmenés. Mais lui n’est pas là : « Le 14 juillet, j’avais été hospitalisé pour une diphtérie à l’hôpital des enfants malades, une annexe de l’hôpital Necker ».

Suzanne et Samuel sont transférés à Beaune-la-Rolande, puis déportés avec leurs parents à Auschwitz. « Mon frère, ma s?ur et ma mère Ida, âgée de 31 ans, ont été gazés dès leur arrivée. Mon père, plus costaud a été affecté à une mine de charbon près d’Auschwitz. Il a survécu à la marche de la mort et est revenu fin 1945 puis m’a retrouvé chez ma tante qui vivait rue des Amandiers ». Maurice a en effet été récupéré à l’hôpital par une tante maternelle.

« Sache que si nous avons survécu c’est grâce à toi »

Même douleur chez Sammy Green qui entre directement dans le vif du sujet : « A 6 heures du matin, ils sont venus pour arrêter les hommes, mais en fait il n’y avait pas d’hommes dans l’immeuble, car le commissaire de la rue Traversière avait prévenu qu’il y aurait une rafle. D’ailleurs, si l’on observe les registres de la rafle du Vél’ d’Hiv’ on peut remarquer le nombre élevé de femmes et d’enfants. De nombreux hommes s’étaient cachés, persuadés que c’était eux que la police viendrait chercher en priorité ». Sammy, âgé de deux ans, sa sœur et sa mère sont pris au Vél d’Hiv’. « Nous y sommes restés jusqu’au 21 juillet, date à laquelle nous avons été transférés à Montlhéry jusqu’au 15 août, puis à Drancy. Ma sœur et moi devions monter dans le convoi n° 20 du 17 août pour Auschwitz raconte Sammy qui précise avoir « les documents attestant » de ce périple prévu vers la mort. 

Le 19 août, pour une raison restée inconnue, nous avons été conduits à l’hôpital Saint-Antoine. Là, mon père, résistant, a pu nous faire sortir de l’hôpital ». Cachés par un réseau de sauvetage de l’OSE, Sammy, sa mère et sa sœur survivront. Son père sera assassiné le 20 mai 1944 à Auschwitz. Ni la sœur de Sammy raflée à 15 ans ni sa mère ne voulurent témoigner de leur séjour au Vél’ d’Hiv’ ou à Drancy. La seule chose que sa sœur lui dira un an avant sa mort, c’est : « Sache que si nous avons survécu c’est grâce à toi ».

Publié dans Articles de Presse

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