Restes de victimes du nazisme. "D'autres découvertes possibles"

Publié le par Le Télégramme

Restes de victimes du nazisme. "D'autres découvertes possibles"

Après l'annonce de la découverte de restes de victimes du nazisme à l'Institut de médecine légale de Strasbourg, faut-il s'attendre à d'autres révélations ? C'est la question qu'Europe 1 a posée à Raphaël Toledano à l'origine de la découverte. "C'est possible", a répondu l'historien. Lequel a, par ailleurs, appelé à poursuivre "investigations et recherches". 

August Hirt

August Hirt

Des restes de victimes de l'anatomiste nazi August Hirt, conservés dans un bocal, viennent d'être découverts à l'Institut de médecine légale de Strasbourg (Bas-Rhin). Une trouvaille qu'on doit à l'historien Raphaël Toledano, auteur de plusieurs travaux sur la question. 

Avec le concours du directeur actuel de l'Institut de médecine légale de Strasbourg, le Pr Jean-Sébastien Raul, le chercheur est parvenu à identifier plusieurs pièces, parmi lesquelles «un bocal contenant des fragments de peau d'une victime de chambre à gaz», et «deux éprouvettes renfermant le contenu de l'intestin et de l'estomac d'une victime et un galet matricule utilisé lors de l'incinération des corps» au camp de concentration alsacien de Natzweiler-Struthof

Ces restes, qui appartiennent à plusieurs des 86 victimes d'un projet de «collection de squelettes juifs» voulu par August Hirt, avaient été conservés par un professeur de médecine légale de la Faculté de médecine de Strasbourg dans le cadre de l'enquête sur les crimes du Dr Hirt. Camille Simonin avait, en effet, été chargé, par les autorités militaires, d'effectuer des autopsies judiciaires pour «établir les conditions ayant conduit à la mise à mort délibérée» des victimes. 

Une existence longtemps mise en doute 

Les étiquettes identifient chaque pièce avec précision et font, notamment, état du matricule 107969, qui correspond au numéro qui fut tatoué au camp d'Auschwitz sur l'avant-bras de Menachem Taffel, une des 86 victimes. 

La municipalité entend à présent remettre les pièces découvertes à la communauté juive de Strasbourg, en vue de leur inhumation aux côtés des dépouilles enterrées au cimetière israélite de Cronenbourg, à l'ouest de la métropole. 

La polémique autour de l'existence, longtemps mise en doute, de restes de victimes du nazisme à l'Institut de médecine légale de Strasbourg avait été relancée, en janvier, après la publication d'un livre du médecin et chroniqueur de télévision Michel Cymès, intitulé "Hippocrate aux enfers". Ce dernier y citait des témoignages selon lesquels des coupes anatomiques des 86 victimes réalisées à l'époque nazie étaient toujours conservées à l'Institut, ce que l'Université de Strasbourg et l'Institut avaient alors catégoriquement réfuté.

Publié dans Articles de Presse

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