Strasbourg : des restes de victimes du nazisme retrouvés à l'institut de médecine légale

Publié le par Le Parisien

Strasbourg : des restes de victimes du nazisme retrouvés à l'institut de médecine légale

La découverte vient de rouvrir une plaie de l'histoire. Des restes des victimes de l'anatomiste nazi August Hirt ont été découverts le 9 juillet à l'institut de médecine légale (IML) de strasbourg. C'est la mairie qui en a fait l'annonce samedi dans un communiqué.

En 2005, le préfet du Bas-Rhin et de la région Alsace, Jean-Claude Faugère avait dévoilé au cimetière israélite de Strasbourg-Cronenbourg une plaque portant les noms des 86 victimes du médecin nazi August Hirt et dont certains restes viennent d'être découverts à l'Institut de médecine légale de Strasbourg

En 2005, le préfet du Bas-Rhin et de la région Alsace, Jean-Claude Faugère avait dévoilé au cimetière israélite de Strasbourg-Cronenbourg une plaque portant les noms des 86 victimes du médecin nazi August Hirt et dont certains restes viennent d'être découverts à l'Institut de médecine légale de Strasbourg

A l'époque, August Hirt souhaitait rassembler une «collection de squelettes juifs» en mutilant et tuant pour cela 86 prisonniers juifs. Si la plupart des restes humains avaient été découverts à la libération de la ville en 1944, une rumeur persistante faisait état de bocaux conservés à l'IML depuis plus de 70 ans.

En janvier, le débat avait été relancé par le chroniqueur et médecin Michel Cymes dans son livre «Hippocrate aux enfers», traitant des expériences médicales menées par les nazis. «C'est faux, archifaux !» avait répliqué Alain Beretz, le président de l'université de Strasbourg. Selon lui, les restes des victimes, effectivement découverts en décembre 1944 dans les locaux de l'institut d'anatomie avaient été tous «enterrés au cimetière juif de Cronenbourg, à l'endroit où fut apposée il y a quelques années la stèle qui porte le nom des 86 victimes. Depuis septembre 1945, il n'y a donc plus aucune de ces parties de corps à l'institut d'anatomie et à l'université de Strasbourg.»

Mais les travaux de recherches du docteur Raphaël Toledano qui est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet dont «Le nom des 86» (en référence aux 86 victimes d'Hirt) ont démontré le contraire. Il est parvenu à identifier des fragments de peau contenus dans un bocal, et appartenant à une victime des chambres à gaz. Il a également découvert «deux éprouvettes renfermant le contenu de l'intestin et de l'estomac d’une victime et un galet matricule utilisé lors de l'incinération des corps» au camp de concentration alsacien de Natzweiler-Struthof.

Raphael Toledano avait été alerté après avoir retrouvé une lettre du professeur de médecine légale de la faculté de médecine de Strasbourg, datant de 1952, et mentionnant des bocaux « contenant des prélèvements effectués au cours des autopsies judiciaires réalisées sur les victimes juives de la chambre à gaz du camp de concentration de Struthof-Natzwiller», précise le mairie.

L'identité de la malheureuse victime a pu être « tracée », ajoute la mairie. Les étiquettes identifient chaque pièce avec précision et font notamment état du matricule 107969 qui correspond au numéro qui fut tatoué au camp d’Auschwitz sur l’avant-bras de Menachem Taffel, une des 86 victimes du projet d'August Hirt.

Selon les Dernières Nouvelles d'Alsace, ces pièces seront remises à la communauté juive de Strasbourg «afin de faire l’objet d’une inhumation et de rejoindre les restes des victimes inhumés le 23 octobre 1945 au cimetière de Strasbourg-Robertsau avant d’être transférés au cimetière israélite de Strasbourg-Cronenbourg en 1951 ».

Publié dans Articles de Presse

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