Vannes. Les Palmes académiques pour le Résistant Joseph Jégo

Publié le par Ouest France à Vannes

Vannes. Les Palmes académiques pour le Résistant Joseph Jégo

A plus de 93 ans, Joseph Jégo a reçu samedi, des mains de Françoise Favreau, directrice des services départementaux de l’Éducation nationale, les Palmes académiques.

Joseph Jégo reçoit de Françoise Favreau, directrice des services départementaux de l'Education nationale, les Palmes Académiques

Joseph Jégo reçoit de Françoise Favreau, directrice des services départementaux de l'Education nationale, les Palmes Académiques

Le Mélecien Joseph Jégo n’a pourtant jamais figuré dans les effectifs de l’Éducation nationale. Il aura débuté sa carrière dans l’agriculture, dès l’âge de 13 ans, et aura passé toute sa vie professionnelle dans la ferme familiale du Pelhué, à Plumelec.

Mais c’est dans la Résistance, au cours de la Seconde Guerre mondiale, qu’il laissera une empreinte indélébile, retracée dans un ouvrage, intitulé : 1939-1945 : Rage, action, tourmente au pays de Lanvaux.

Évadé le 14 juillet 1944

Aujourd’hui encore, il n’a rien oublié de la précision des faits : « Le 11 juillet 1944, j’ai été fait prisonnier par les Allemands. J’en avais deux pour me garder. On m’a frappé pour me faire parler. Je me suis évadé le 14 juillet. » Le jeune homme d’alors, dont le père avait été fusillé par l’ennemi, n’a pas voulu conserver pour lui ces années d’Occupation, de terreur, de combat, de révolte et de Résistance.

Il sillonne les écoles, les collèges, les lycées

Alors qu’un certain nombre de ses compagnons n’ont pas souhaité témoigner, Joseph Jégo, l’agriculteur, a sillonné les écoles, les collèges, les lycées, pour « raconter son histoire aux jeunes ». Pendant une vingtaine d’années, dans le cadre d’un devoir de mémoire, il a apporté une aide considérable aux professeurs, notamment dans la préparation du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Transmettre pour ne pas qu'on oublie

Le 8 décembre 2013, à 91 ans, il était au musée de Saint-Marcel, pour y accueillir 45 collégiens. C’est à ce titre « d’acteur héroïque, transmetteur et éducateur des mémoires, ayant fait passer aux jeunes la lecture des événements, afin qu’ils puissent avoir une réflexion et un cheminement personnel », qu’il a reçu cette distinction exceptionnelle, « mais un peu tardive », s’excusera Françoise Favreau.

L’écrivain Elie Wiesel déclarait : « Les bourreaux tuent deux fois. La seconde par l’oubli. » Joseph Jégo pourra s’enorgueillir d’avoir échappé deux fois aux bourreaux.

Publié dans Articles de Presse

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