Le hasard donne une nouvelle vie à un récit de salut peu connu de la Shoah

Publié le par The Times of Israël by Renee Ghert-Zand

Le hasard donne une nouvelle vie à un récit de salut peu connu de la Shoah

La journaliste Judita Matyášová et la cinéaste Natasha Dudinski ont toutes deux grandi en Tchécoslovaquie, mais n’avaient jamais entendu parler leurs enseignants ou leurs parents de la façon dont un groupe d’adolescents juifs tchèques a survécu à la Seconde Guerre Mondiale grâce à la protection risquée de familles du Danemark. 

Un groupe de la “Ligue des Enfants” à leur arrivée au Danemark en 1939

Un groupe de la “Ligue des Enfants” à leur arrivée au Danemark en 1939

Le documentaire « Into the North » raconte une partie oubliée de l’histoire : comment 320 adolescents juifs d’Europe centrale ont été hébergés par des familles d’accueil danoises pendant l’Holocauste.

En fait, on ne savait rien de cette histoire de la Shoah jusqu’à ce que Matyášová, basée à Prague, l’ait découverte en 2010 grâce à son travail au Lidové noviny, le plus ancien quotidien tchèque.

La découverte initiale est intervenue dans le cadre d’une initiative visant à marquer le 10e anniversaire d’un programme de sensibilisation à la Shoah dans les écoles tchèques. Mais l’histoire s’est transformée en une investigation qui a duré cinq ans, qui à son tour a donné lieu à un livre de Matyášová et un film documentaire de Dudinski, basée à Jérusalem.

Le film, « Into the North« , une coproduction israélo-tchèque, est projeté ce mois-ci à Haïfa, Tel-Aviv et Jérusalem. La projection à la Cinémathèque de Tel Aviv a lieu le 27 janvier, sous les auspices des ambassadeurs tchèques et danois en Israël, et marquera la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste.

Judith Shaked à Prague avant son départ pour le Danemark, 1939

Judith Shaked à Prague avant son départ pour le Danemark, 1939

L’histoire des Kindertransports qui ont amené des enfants juifs de Tchécoslovaquie et d’autres pays d’Europe centrale en sécurité en Angleterre est bien connue. La même chose est vraie des efforts du regretté Sir Nicholas Winton, qui a organisé le sauvetage de 669 enfants juifs tchèques à la veille de la guerre.

Ce qui est peu connu, en revanche, est l’histoire décrite dans « Into the North », qui dépeint la façon dont 320 adolescents juifs d’Allemagne, d’Autriche et de Tchécoslovaquie ont trouvé refuge au Danemark par l’intermédiaire du programme de l’alyah des jeunes et grâce à la gentillesse de centaines de familles danoises.

Dans un récit qui a été presque oublié avant que Matyášová ne tombe sur lui, le film se concentre sur les expériences des 80 adolescents tchèques au sein du groupe.

Matyášová, qui se spécialise dans les enquêtes liées à la diaspora tchèque (en particulier les histoires de personnes qui ont fui le pays soit en raison de la persécution nazie ou plus tard à cause du communisme), a mis en évidence ces jeunes dans son travail.

A travers les témoignages de quatre personnes âgées, les spectateurs apprennent exactement ce qui est arrivé entre août 1939 et octobre 1943.

Deux d’entre elles, Dita Persson (née Edita Krausová) de Förslöv, en Suède, et Dov (Oskar) Strauss de Moshava Yokneam, en Israël, sont présentés revenant au Danemark, seuls ou en famille, pour visiter les lieux où ils avaient vécu dans des familles d’accueil. Judith Shaked (née Zdeňka Štiastná) partage ses souvenirs vifs et des articles précieux qu’elle a conservés de cette période dans sa maison à Haïfa.

    ‘Le journal intime est vraiment la clé de l’histoire. Il offre un témoignage puissant et transmet une émotion brute et non retouchée’

Dudinski a choisi de lier la narration du film en utilisant des extraits d’un journal intime écrit pendant la période par Hana Dubová, qui a fini aux États-Unis et n’est plus en vie. « Into the North » inclut des scènes avec sa fille et ses petits-enfants lors d’une rencontre émouvante avec Jensine Nygaard, 93 ans et décédée aussi depuis la mère d’accueil danoise de Dubová.

« Le journal est vraiment la clé de l’histoire. Il offre un témoignage puissant et transmet une émotion brute et non retouchée », a déclaré Dudinski au Times of Israel.

Matyášová est d’accord sur l’importance du journal intime de Dubová. « Le journal de Hana était différent des autres que j’ai trouvés lors de mes recherches. Elle était une fille très douée et son écriture n’était pas juste du bla-bla d’adolescente », a-t-elle dit.

Publié dans Articles de Presse

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