Messali, FLN : parlons-en alors !

Publié le par Le Matin d'Algérie

Messali, FLN : parlons-en alors !

"Le recours aux armes n’a jamais été exclu" par Messali Hadj. "Lorsque les oulémas avaient été interdits de prêcher dans les mosquées, [Messali] avait dit que nous devions défendre la liberté de prêche les armes à la main.», dixit l’historien Mohamed Harbi. "Défendre la liberté de prêche les armes à la main… " Passe encore s’il avait parlé de liberté tout court. Je vous laisse méditer sur la différence qui est de taille.

Messali, FLN : parlons-en alors !

Saïd Sadi a eu le mérite de décongeler l’Histoire à nouveau après l’avoir fait à la sortie de son livre "Amirouche, une vie, deux morts, un testament" ouvrant ainsi un débat resté clos jusque-là sur l’Histoire de notre pays et permettant en même temps aux jeunes générations d’Algériens de découvrir ce personnage légendaire qui tenait ces propos dans un discours historique, à ses combattants en 1958 :

"…… Nous n’avons pas le droit de trahir les martyrs qui ont versé leur sang pour ce pays, ni de décevoir ce peuple qui a misé tous ses espoirs sur nous pour retrouver sa liberté et sa dignité. Prenez vos responsabilités ! Je ne veux pas être accusé demain devant l’Histoire, d’être un criminel. Nous sommes la génération sacrifiée. Nous sommes condamnés à triompher ou à mourir. Mais si nous mourons, d’autres viendront à notre place pour continuer notre combat sacré. Une chose est sure, cependant, c’est que l’Algérie sera indépendante, tôt ou tard. La lutte sera encore plus difficile, mais l’issue sera inéluctable. Il faut que vous sachiez que la situation ne restera pas, comme elle est, actuellement. L’ennemi est en train de se préparer pour une offensive de grande envergure avec une nouvelle stratégie…."

Combien étions-nous, en effet, à découvrir cette légende, 51 ans après sa disparition ? Combien sont-ils encore ceux et celles qui, pour une raison ou pour une autre, n’ont pas eu le privilège de lire l’histoire de cet orphelin de Tassaft, qui a grandi à Ighil Bwamas, avant de partir à Oued Fodda et qui sont, de ce fait, privés de cette somme considérable de connaissances sur notre révolution?

"C’est parce que l’Algérie, sans bornes ni boussole, a trop triché avec son passé que son histoire la hante», avertissait, de but en blanc, l’auteur, dès les premières lignes de la préface du livre, récit remarquable sur le «Lion de la Soummam», qui n’est pas seulement à lire mais à relire ; c’est désormais un ouvrage de référence que devraient consulter étudiants en histoire, universitaires et autres intellectuels, car, non seulement il retrace la vie, le parcours et les circonstances de la disparition de celui qui fut la poutre maîtresse de la révolution, après l’assassinat de Ben M'hidi et d’Abane que le système politique, issu du tandem Boussouf-Boumediene a occulté, mais traite aussi de la révolution, intimement liée à ce glorieux personnage.

"Le Parquet d’Alger n’a pas mis longtemps à réagir aux propos de Saïd Sadi sur Ahmed Ben Bella, Ali Kafi et Messali Hadj, tenus il y a quelques jours à Sidi Aïch…». Réaction qu’on aurait aimé voir quand un certain Hamadache avait appelé sur sa page face book l’état algérien à condamner à mort le journaliste et écrivain Kamel Daoud.

Les faits sont pourtant têtus, Ben Bella est pour beaucoup dans le démantèlement de l’OS alors qu’il était, lors de son arrestation, dans le lit de madame Ledru au 35, rue Auber, qui se trouvait être la propriétaire de l’immeuble où le parti (MTLD) lui avait loué une chambre … et peut-être même dans l’arrestation d’Abane Ramdane en 1950. Il aurait même, selon certaines sources, demandé au commissaire des Renseignements Généraux, officier de police judiciaire et auxiliaire du procureur de la république, à son «arrestation» davantage de papier pour sa déposition enregistrée le 12 mai de la même année.

Alors que l’architecte de la révolution algérienne avait purgé une peine de cinq années d’emprisonnement, Ben Bella a trouvé le moyen de s’évader de la prison de Blida en 1952 pour «rejoindre un premier noyau de dirigeants nationalistes algériens installés au Caire» .

Quant à Messali Hadj, à ma connaissance, la création de l’ANPA/MNA n’aurait pas été possible sans son aval et leur alliance avec l’administration et l’armée française n’est plus un secret pour personne quand on sait que les services spéciaux de celle-ci ont "volé au secours de Bellounis avec l’aval du ministre-résident Lacoste en encadrant ses troupes évaluées à 3000 hommes par les parachutistes du 11e choc commandé par le colonel Vernières qui relève directement du SDECE".

Les Algériens gagneraient à débattre sereinement de leur passé et de leur présent desquels dépend leur avenir. Un avenir qu’il faudrait envisager avec optimisme car notre pays a toujours été confronté aux situations les plus difficiles, la plupart du temps insupportables qui lui ont été imposées, mais notre peuple n’a jamais abdiqué. Notre richesse n’est pas seulement dans notre sous-sol mais dans notre attachement à cette terre, notre capacité de résistance, notre jeunesse et notre volonté de vivre libres dans un monde impitoyable et en perpétuel mouvement.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article