Belfort : une nouvelle urne pour les cendres des déportés sera déposée au monument des fusillés place Anne Frank le dimanche 24 avril

Publié le par L'est Républicain par François Zimmer

Belfort : une nouvelle urne pour les cendres des déportés sera déposée au monument des fusillés place Anne Frank le dimanche 24 avril

Dimanche prochain à Belfort, pour la journée de la Déportation, les cendres des déportés recueillies en 1954 vont être transférées dans une urne en granit des Vosges. Solidité de la mémoire.

L’urne contenant les cendres des déportés a été rapprochée du monument des fusillés

L’urne contenant les cendres des déportés a été rapprochée du monument des fusillés

C’est plus qu’un geste symbolique. Le transfert de cendres qui sera opéré le dimanche 24 avril place Anne Frank à Belfort, est un acte sacré. L’Unadif-Fndir, qui rassemble les anciens combattants, a en effet décidé de donner un nouveau réceptacle aux restes des résistants et des déportés morts dans les camps.

« L’urne d’origine, qui a plus de 60 ans, » explique leur président Jean-Pierre Borgo, « était très détériorée car elle était en métal. Nous avons donc décidé de recueillir les cendres et la terre qu’elle contenait et de les replacer dans une urne plus solide, en granit des Vosges. Elle sera scellée dans un bloc de béton. »

Un gage de solidité qui renforce ainsi la mémoire collective. « Nous avons également décidé de déplacer l’emplacement de l’urne », explique Jean-Pierre Borgo, « et de la rapprocher du monument des fusillés. Elle sera ainsi plus visible, et donc plus respectée. »

En provenance de Buchenwald

L’urne des déportés mérite en effet plus de considération. Elle renferme la terre et les cendres collectées dans plusieurs camps de concentration : Auschwitz, Neuengamme, Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau, Dora, Ravensbrück, Saxenhausen et Liditz. Elle contient aussi des restes recueillis à Oradour-sur-Glane et au Mont-Valérien, haut lieux de la barbarie nazie en France, et de la terre prélevée dans plusieurs pays d’Europe.

Comme de nombreuses villes en France, Belfort a accueilli ce témoignage de la Seconde Guerre mondiale après la Libération.

C’était le vendredi 19 novembre 1954, à l’occasion du dixième anniversaire. L’urne avait été confiée à Marcel Barrey, président de la fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes, le 11 avril précédent lors d’une cérémonie à Buchenwald, et ramenée à Belfort le 9 mai. Le maire Hubert Metzger l’avait conservée en mairie jusqu’au 19 novembre.

Ce jour-là, accompagné de quatre anciens résistants, il avait solennellement installé l’urne place Anne Frank.

Dimanche, ces cendres sacrées nous renverront à nouveau aux pages sombres de notre passé.

Publié dans Articles de Presse

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