La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée

Publié le par La Parisienne

La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée

La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec est décédée à l'âge de 100 ans, a annoncé dimanche l'Elysée. Le président François Hollande a salué une «femme engagée» qui était «la dernière survivante» des 33 premières femmes élues députées en 1945.

La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec (photographiée ici en 2005 montrant le portrait de son mari Charles Tillon) est décédée à l'âge de 100 ans

La résistante communiste Raymonde Tillon-Nédelec (photographiée ici en 2005 montrant le portrait de son mari Charles Tillon) est décédée à l'âge de 100 ans

Selon un communiqué de l'Elysée, le président de la République a salué «le parcours exemplaire de cette femme», députée communiste des Bouches-du-Rhône de 1945 à 1951 qui s'était «engagée très jeune dans l'action syndicale et politique», et était «la dernière survivante des 33 femmes élues à la première Assemblée Constituante de la IVe République».

 «Raymonde Tillon, c'était la Résistance, notre idéal démocratique. Elle a montré la voie. Sachons suivre son exemple», a tweeté le Premier ministre Manuel Valls.

Un peu plus tôt, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait également rendu hommage à «son esprit de liberté, sa soif de justice et sa lutte contre l'arbitraire sous toutes ses formes». Il a rappelé dans un communiqué que la chambre basse avait rendu hommage à ces 33 «combattantes» lors d'une exposition l'an dernier.

Née Raymonde Barbé le 22 octobre 1915 à Puteaux (Hauts-de-Seine), elle avait épousé en 1935 Charles Nédelec, militant communiste, et était devenue députée des Bouches-du-Rhône sous ce nom, avant de se marier en secondes noces avec Charles Tillon, dirigeant du PCF, ministre puis exclu du Bureau politique du PCF en 1952 et mort en 1993. Elle-même avait été exclue du PCF pour avoir rejeté la doxa stalinienne.

Résistante de la première heure

Entrée tôt dans la Résistance, elle avait été arrêtée le 31 mars 1941 et condamnée à vingt ans de travaux forcés par le tribunal maritime de Toulon, selon sa biographie sur le site de l'Assemblée nationale. Emprisonnée tour à tour à Marseille, Toulon et Lyon, elle avait été livrée aux Allemands en juin 1944 et déportée d'abord à Sarrebruck puis au camp de Ravensbrück. Affectée dans une usine de guerre de Leipzig, elle avait réussi à s'évader le 20 avril 1945 et à regagner Marseille.

Elle était alors devenue députée. En 2005, elle avait témoigné auprès de l'AFP, rappelant son émotion lors de son élection 60 ans auparavant. «On était émues. Les femmes étaient reconnues comme des citoyennes, en tenant compte de leur travail dans la Résistance», s'était-elle félicitée. «Nous étions de partis différents. Mais toutes, nous nous disions: enfin!».

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article