Raymonde Tillon-Nédelec, mort d’une combattante

Publié le par Les Nouvelles News

Raymonde Tillon-Nédelec, mort d’une combattante

100 ans de combats, de résistance, de liberté. L’ancienne députée communiste – une des 33 premières femmes élues à l’Assemblée en 1945 – est décédée dimanche 17 juillet, à l’âge de 100 ans. François Hollande rend hommage à une « femme engagée » au « parcours exemplaire ».

Raymonde Nédelec Née Barbé, Épouse Tillon

Raymonde Nédelec Née Barbé, Épouse Tillon

Elle était la dernière survivante de ces 33 députées qui avaient ouvert la voie aux femmes dans le monde politique en 1945. Raymonde Tillon-Nédelec est décédée dimanche 17 juillet, à l’âge de 100 ans.

Quand ces 33 femmes investissaient les bancs d’un hémicycle jusque là entièrement masculin, la parité était encore loin – 503 hommes siégeaient alors – mais le pas était enfin franchi. Parmi ces élues, la communiste Raymonde Tillon-Nédelec, figure de la résistance française. « Nous étions de partis différents. Mais toutes nous nous disions : enfin ! », déclarait-elle en 2005 à l’AFP.

Enfin, la conseillère générale du 6ème canton de Marseille pouvait livrer ses combats depuis Paris : défendre « les intérêts des femmes syndiquées », des « enfants adultérins et des veuves de guerre » et plus largement de la classe ouvrière. C’est là qu’elle rencontre celui qui sera son deuxième mari, Charles Tillon, député PCF d’Aubervilliers, chef de la Résistance communiste FTP et bientôt ministre de De Gaulle.

Mais Raymonde Tillon-Nédelec ne l’a pas attendu pour écrire l’histoire. Très tôt, à 4 ans, elle perd ses parents et trouve une famille dans le Parti Communiste. Elle épousera Charles Nédélec, également membre du parti et résistant, qui mourra en 1944. Trois ans plus tôt, Raymonde Nédelec est arrêtée par le régime de Vichy, condamnée à 20 ans de travaux forcés avant d’être livrée aux Nazis. Elle sera alors déportée à Sarrebruck, puis au camp de Ravensbrück d’où elle réussira à s’échapper en avril 1945. Une évasion qu’elle conte dans son autobiographie J’écris ton nom, Liberté.

Sans peur, toujours droite dans ses bottes, elle raconte comment elle prend alors ses distances avec le Parti Communiste entaché par le stalinisme. Dans son propre parti, là aussi, elle doit résister. Des prises de position qui lui vaudront son exclusion du Parti, ainsi que celle de son mari. Le prix de la liberté.

Aujourd’hui la classe politique dans son ensemble lui rend hommage. François Hollande salue « le parcours exemplaire de cette femme engagée » quand Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, rend hommage à son « esprit de liberté, sa soif de justice et sa lutte contre l’arbitraire sous toutes ses formes ».

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