Le journal intime du nazi Heinrich Himmler retrouvé en Russie

Publié le par Midi Libre

Le journal intime du nazi Heinrich Himmler retrouvé en Russie

Dans des archives militaires, en Russie, des documents essentiels pour l'Histoire du XXe siècle et la Seconde guerre mondiale ont refait surface. Des journaux intimes, écrits par Heinrich Himmler lui-même, qui en disent long sur l'un des personnages clé de la solution finale.

Photo prise en janvier 1939 montrant le chef SS Heinrich Himmler à son bureau

Photo prise en janvier 1939 montrant le chef SS Heinrich Himmler à son bureau

Dans la petite ville de Podolsk, au sud de la Russie, des historiens ont fait une importante découverte. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, trois carnets composant le journal intime du dignitaire nazi Heinrich Himmler dormaient au fond d'un tiroir. Ils correspondent aux années 1938, 1943 et 1944, complétant ainsi les trois autres carnets, des années 39, 42 et 45, noircis par la plume d'Himmler lui-même.

En charge de l'analyse des carnets : l'Institut de recherche historique d'Allemagne, qui dévoilera l'année prochaine dans un livre, le contenu du journal intime, souligne le site Mashable, qui rapporte l'information.

La vie quotidienne d'un bourreau nazi

Toutefois, le quotidien allemand Bild a d'ores et déjà publié plusieurs extraits du journal, sous forme d'épisodes, qui nous donnent déjà un aperçu de ce qu'a pu raconter Himmler, et apportent des informations précieuse sur la vie de tous les jours du bras droit d'Adolf Hitler.

Le chef de la police SS se révèle, à travers les pages, être un homme très occupé, qui jongle entre dîners avec des hauts dignitaires et exécutions de prisonniers. Ainsi, selon Mashable, plus de 1 600 rendez-vous seraient inscrits dans les carnets intimes d'Himmler. Plusieurs déjeuners ont d'ailleurs eu lieu pour le bourreau nazi, au camp de Dachau et de Buchenwald.

Les pages révèlent en effet qu'Himmler était personnellement très impliqué dans le massacre qu'il a opéré. Il n'était pas simplement le haut dignitaire qui se contente de donner des ordres. Il assistait personnellement à certaines exécutions, et il aurait également retranscrit dans son journal intime un échange avec un officier SS dans lequel il lui demandait d'entraîner des chiens à "déchirer les gens en mille morceaux à Auschwitz".

Plongée dans l'horreur

Le journal intime de celui qui fut l'un des plus importants responsables de la Shoah révèle sans surprise à quel point l'homme était cruel, et d'une froideur inhumaine. En 1943, en visite à Potsdam, il prononce un discours, dans lequel il dévoile ses ambitions avec un cynisme glaçant, dont Atlantico rapporte un extrait : "Je parle de l'évacuation des juifs, de l'extermination du peuple juif. […] Cela fait partie de nos plans, nous éliminons les juifs, nous les exterminons… Une petite affaire".

Autre anecdote terrifiante, mais non moins surprenante du journal intime d'Himmler : il semblerait que ce dernier, aussi surprenant que cela puisse paraître, était sensible à la vue du sang. Il raconte alors comment il a failli tourner de l'oeil lorsqu'au cours d'une exécution de Juifs en Biélorussie, il a reçu un morceau de cervelle sur la veste.

 Massages et rendez-vous avec sa maîtresse

Outre les détails insistant sur la cruauté déjà connue d'Heinrich Himmler, les journaux intimes lèvent également le voile sur des aspect plus personnels et privés de sa  vie. Il raconte, notamment au fil des pages, des soirées simples, à téléphoner à ses enfants, ou à regarder les étoiles. Il est également question de séances de massages, que son médecin personnel lui faisait, pour le détendre.

"La chose la plus intéressante pour moi est cette combinaison de père aimant et de meurtrier au sang-froid", selon Damian Imoehl, journaliste au Bild, qui a eu accès aux journaux intimes, explique Mashable. Il raconte aussi qu'Heinrich Himmler semblait d'être quelqu'un de très attentionné avec ses proches, notamment sa fille, sa femme et sa secrétaire, qui était également sa maîtresse. Heinrich Himmler s'est donné la mort en mai 1945, en avalant une capsule de cyanure, évitant ainsi la capture, et le procès terrible qui aurait suivi, s'il était resté en vie après la libération des camps de la mort, dont il était la clé de voûte.

 

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article