Nazisme. L’ancienne secrétaire de Joseph Goebbels se livre

Publié le par Ouest France

Nazisme. L’ancienne secrétaire de Joseph Goebbels se livre

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, Brunhilde Pomsel exerçait comme secrétaire du ministre allemand de la Propagande, Joseph Goebbels. Plus de 70 ans après, à l'âge de 105 ans, elle s'est confiée sur sa vie, son parcours professionnel et sa relation avec les dignitaires nazis.

Les Goebbels « ont toujours été très bons avec moi » explique Brunhilde Pomsel, secrétaire du ministre de la Propagande

Les Goebbels « ont toujours été très bons avec moi » explique Brunhilde Pomsel, secrétaire du ministre de la Propagande

Brunhilde Pomsel, secrétaire pendant la Seconde Guerre mondiale du ministre allemand de la Propagande, Joseph Goebbels, a décidé de raconter son quotidien au cœur de la bureaucratie nazie. C’est dans un film, A German Life, et dans les colonnes du Guardian, qu'elle s’est confiée pour la première fois, plus de 70 ans après la fin de la guerre.

« Il ne s’agit absolument pas de soulager ma conscience », explique Brunhilde Pomsel, aujourd'hui âgée de 105 ans, précisant qu’il était « important pour moi de reconnaître cette image dans le miroir, dans laquelle je peux comprendre ce que j’ai fait de mal ». Après un passage en tant que secrétaire au sein de la radio d’État, l’Allemande commence en 1942 à travailler aux côtés de Goebbels, l’un des plus puissants dirigeants du IIIe Reich.

« Contente qu’il me fasse confiance »

Alors âgée d’une trentaine d’années, elle indique agir comme beaucoup de citoyens allemands à l’époque. « Je crois que les gens qui aujourd’hui disent qu’ils seraient soulevés contre les nazis sont sincères, mais croyez-moi, la plupart ne l’auraient pas fait », confie-t-elle.

La vieille dame évoque le jour où on lui remet le dossier de Sophie Scholl, activiste anti-nazie exécutée en 1943 à l’âge de 21 ans. « L’un des conseillers de Goebbels m’a dit de le mettre dans le coffre-fort et de ne pas le regarder. Je ne l’ai pas fait et j’ai été plutôt contente de moi qu’il me fasse confiance, et que mon souci d’honorer cette confiance soit plus fort que ma curiosité d’ouvrir ce dossier. »

« Un nain déchaîné » lors d'un discours de propagande

Les Goebbels « ont toujours été très bons avec moi » explique l'Allemande. Un jour, elle le voit sur scène prononcer un discours de propagande. L’homme courtois devient alors « un nain déchaîné ». Lorsqu’elle apprend le 1er mai 1945 que lui, sa femme et ses enfants se sont tous suicidés, la centenaire est « stupéfaite ».

Brunhilde Pomsel se rappelle également du choc ressenti lors de l’arrestation d’un présentateur populaire de la radio d’État envoyé dans un camp de concentration parce qu’il était homosexuel. Mais la centenaire affirme être restée « dans sa bulle », sans avoir conscience de ce que perpétrait le régime.

« Je sais que personne ne nous croit jamais, tout le monde pense que nous étions au courant de tout. Nous n’étions au courant de rien, tout était gardé secret. » Quant à la disparition des Juifs, l’ancienne secrétaire raconte avoir cru qu’ils étaient envoyés dans la région des Sudètes afin de la repeupler. « Nous y croyions, nous l’avons gobé. C’était entièrement plausible » répond la vieille dame, qui définit son pays de l'époque comme « ensorcelé ».

Publié dans Articles de Presse

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