Georges Pichonnier, grand résistant de Campagne -les-Hesdin

Publié le par Le Journal de Montreuil par Mauricette Fay

Georges Pichonnier, grand résistant de Campagne -les-Hesdin

Daniel Ranger, Charles Bollart, M. et Mme Hennequin, des noms qui sont régulièrement cités dans l'évocation de la déportation et de la résistance à Campagne-les-Hesdin. Vice-président et trésorier des anciens combattants, Daniel Masson, s'est penché sur l'histoire de Georges Pichonnier, chef de la résistance dans le canton.

Georges Pichonnier, grand résistant de Campagne -les-Hesdin

Après des recherches et des contacts avec la famille, Daniel Masson a salué la mémoire de cet homme lors de la cérémonie commémorative de l'appel du 18 juin 1940.

Georges Pichonnier est né le 7 septembre 1894 à Campagne-les-Hesdin. « Il fut un grand résistant et responsable du canton », souligne M. Masson constatant que son nom n'est jamais cité sans doute parce qu'il a échappé à l'arrestation allemande.

Fait chevalier de la légion d'honneur en 1920 pour ses actes de bravoure en14/18, Georges Pichonnier, capitaine d'infanterie en retraite, est entré en résistance sous le pseudonyme « Tic Tac » qui signifie « toujours d'attaque », devise du 310e RI.

C'est en septembre 1942 que Georges Pichonnier fut sollicité pour créer un groupe de résistants dans le canton. En avril 43, ce groupe fonctionnait à plein rendement. M. Pichonnier prenait en charge les liaisons régulières pour informer l'état major et ce, malgré la présence des Allemands. Durant cette période, il héberge trois parachutistes anglais (Edouard Kinsella, William Maher et William Morrison) qu'il a accompagné au centre d'Arras.

Ces activités vinrent aux oreilles des Allemands qui ont débarqué rue de Neuvilette le 28 janvier 1944 pour l'arrêter mais il était absent. Il était parti acheter des graines à Gouy-Saint-André.

Son voisin, Emile Masson, bourrelier de profession et père de Daniel, a enfourché sa bicyclette pour aller prévenir Tic Tac de la présence de la Gestapo à son domicile. M. Pichonnier prit alors le maquis et rejoignit la région d'Heuchin. « J'avais 5 ans mais je me souviens que M. Pichonnier cachait des armes dans les marches de l'escalier conduisant au grenier. », ajoute Daniel Masson. Des marches que les membres de la Gestapo ont foulé ce 28  janvier 1944 sans sa voir ce qu'elles cachaient.

Jouant à cache à cache avec l'envahisseur, Georges Pichonnier fut arrêté le 2 septembre 1944 alors qu'il transporté des armes et des munitions mais les Allemands s'intéressaient plus au cheval qu'au contenu du tombereau. Il fut donc libéré.

A la libération, Georges Pichonnier a repris sa vie tranquille. Il a été candidat aux cantonales pour le Parti communiste en mars 1949. Il est décédé le 10 septembre 1968, son nom n'est donc pas gravé sur le monument aux morts.

« Ses actions dans la résistance ont été héroïques mais elles sont méconnues », indique Daniel Masson qui, a donc voulu rendre hommage à cet homme qui a fait beaucoup pour son pays.

Publié dans Articles de Presse

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