Glaçant Heinrich Himmler : massage le matin, exterminations le soir (vidéo)

Publié le par Luca Andreolli

Glaçant Heinrich Himmler : massage le matin, exterminations le soir (vidéo)

Des archives du journal personnel du bras droit d'Hitler sont petit à petit publiées. Ces documents contiennent tous les détails de ses journées, et notamment sa façon de concilier vie familiale et agenda meurtrier.

Glaçant Heinrich Himmler : massage le matin, exterminations le soir (vidéo)

Tout est écrit, noir sur blanc. Les preuves supplémentaires sont là, regroupées dans un agenda dactylographié, retrouvé dans les archives du ministère russe de la Défense en 2013. Il s’agit de notes écrites par et pour Heinrich Himmler, en 1938, 1943 et 1944, détaillant avec une précision incroyable le contenu de chacune de ses journées. Le « grand chef » de la SS, l'un des principaux responsables de la Shoah, fait partie des dirigeants nazis ayant été les plus proches d’Adolf Hitler. Le journal allemand Bild, qui est parvenu à se procurer ces documents accablants, propose depuis le début de la semaine de révéler via plusieurs extraits l’activité du cruel chef d’orchestre des camps d’extermination, où des millions de juifs, de tziganes, d’homosexuels, d’opposants politiques et d’handicapés notamment perdirent la vie. Dîners, discours, visites en tous genres et notamment dans les camps, ainsi que ses rendez-vous familiaux y sont tous mentionnés.

Les historiens se frottent les mains

Ces archives sont une mine d’or pour les chercheurs qui s’intéressent de près à cette période sombre du XXème siècle. Elles aident en l’occurrence « à mieux ordonner les événements et à comprendre qui a participé aux décisions du régime », explique Matthias Uhl, de l’Institut historique allemand de Moscou. Parti avec certains des secrets du régime nazi suite à son suicide, « l’architecte de la solution finale » n’avait pu être jugé et répondre des lourdes accusations qui pesaient sur lui. Mais le contenu de ses calendriers personnels offre une vision plus précise sur chacune de ses responsabilités, en plus de celles de ses collaborateurs, dont on pourrait ignorer l’influence. S’il se dit « choqué par le besoin de Himmler de se mêler de chaque petit détail », Matthias Uhl jubile surtout de pouvoir désormais « dire avec quelle personne il s’est entretenu chaque jour, où il était, et qui étaient ses plus proches conseillers ».

Le soir, il regarde les étoiles après avoir visité les camps

Dans les faits, on est évidemment tenté de se demander à quoi ressemblait une journée « type » pour Heinrich Himmler. À travers son emploi du temps, il est permis d’évaluer encore plus exactement la morbide mise en activité de la machine nazie. Mais au milieu des horreurs, comme un esprit qui divague, l’intéressé ne semblait pas différent de contemporains plus admis, bien que son « obsession » à organiser sa vie à la minute près ait été une constante apparente. « Entre le gaz, les ordres d’exécutions et les milliers de rendez-vous, il s’occupait de sa famille, de sa maîtresse, de ses hobbies », raconte Bild. Ce qui rendait le mélange des genres presque incroyable. Exemple ? Le 3 janvier 1943, il débute sa journée par un massage thérapeutique, participe ensuite à plusieurs réunions, téléphone à sa femme et sa fille en fin de journée, avant d’ordonner vers minuit la mort de plusieurs familles polonaises. Passant, par créneaux bien précis, d’un caractère docile et affectueux, à un irrévocable devoir militaire et sanguinaire. Certaines nuits, on apprend par ailleurs qu’il ne va se coucher qu’après avoir « regardé les étoiles » durant un quart d’heure.

Un besoin démesuré d'être en haut de la hiérarchie

Au détour de ses notes parfois invraisemblables, le portrait d’un homme très investi sur la question des exterminations est dressé. Un nombre conséquent de visites des camps sont inscrites sur son agenda. Ce qui l’importait, c’était visiblement de constater sur place « l’efficacité » des meurtres « par gaz », comme l’indique Bild. En 1938, il a par exemple visité successivement Dachau puis Sachsenhausen, quelques temps seulement après avoir fait une petite inspection de Sobibor en compagnie du chef de la propagande, Joseph Goebbels. En tout, Himmler aurait par ailleurs rencontré plus de 1 600 personnes entre 1943 et 1945, preuve irréfutable de sa soif intarissable « d'étendre son pouvoir », explique Matthias Uhl. « Le nombre de contacts, ainsi que ses tentatives de gagner en influence sur les instances importantes du parti, de l’Etat et de l’armée sont impressionnants », note finalement l’historien.

Publié dans Articles de Presse

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