«Montigny, c'est pas moi !», s'énerve Francis Heaulme à son procès

Publié le par Louise Colcombet

«Montigny, c'est pas moi !», s'énerve Francis Heaulme à son procès

L'accusé Francis Heaulme a nié mardi les meurtres des deux enfants, Cyril Beining et Alexandre Beckrich, massacrés à coups de pierre à Montigny-lès-Metz (Moselle) en 1986.

«Montigny, c'est pas moi !», s'énerve Francis Heaulme à son procès

Derrière la vitre du box des accusés, une lumière clignote, celle d'un ascenseur. La porte s'ouvre sur la grande carcasse de Francis Heaulme, comme propulsée depuis les tréfonds du palais de justice de Metz. Dos voûté, visage livide et cheveux gris, le serial killer aux airs de vieillard malgré ses 58 ans y répond depuis mardi d'une affaire presque aussi ancienne que son parcours meurtrier : celle de Montigny-lès-Metz (Moselle), ou la mort atroce de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, gamins de 8 ans massacrés à coups de pierre.

«Cela s'est passé le 28 septembre 1986. C'était il y a plus de trente ans, par un de ces dimanches ensoleillés qu'on apprécie en ce début d'automne», pose en préambule, dans un récit empreint d'un certain lyrisme, Gabriel Steffanus, président de cette audience hors normes prévue pour durer un mois. Pas moins de cent témoins sont appelés à venir éclairer les jurés sur cette affaire maudite, longtemps associée au nom de Patrick Dils, innocenté il y a quinze ans au profit de l'hypothèse Heaulme. «On l'a mis dans le box, c'est bien convenable. Il est sur place, il travaillait à côté, donc c'est forcément lui !» s'écrie d'emblée son avocate M e Liliane Glock, pour qui le tueur en série fait figure de suspect idéal. Longuement, elle expose aux jurés en quoi elle estime ce procès «inéquitable», faisant, en creux, le procès de la justice qui a notamment détruit en 1995 tous les scellés du dossier, «éléments qui pourraient être des preuves absolues», souligne la pénaliste.

Dans son box, encadré de plusieurs policiers, Francis Heaulme semble d'abord impassible au récit du président Steffanus, résumant l'affaire à l'intention des jurés. Bras croisés, parfois pris d'un irrépressible tremblement dû à la prise de neuroleptiques, le routard du crime ne cille pas lorsque sont évoqués les détails macabres de ces corps, retrouvés gisants, crâne fracassé, sur le ballast d'une voie de chemin de fer désaffectée. Très attentif, il s'agite pourtant à mesure que le magistrat énumère ses condamnations et empile un à un les indices qui ont justifié son renvoi aux assises. Après trois heures d'exposé, Francis Heaulme, qui a toujours nié ces meurtres, n'y tient plus. D'une voix qui n'a plus rien de celle, faiblarde, entendue le matin, il réplique. «Vous racontez ma vie, là ! s'énerve-t-il face au micro. J'ai commis des meurtres, oui, mais Montigny, c'est pas moi. C'est pas moi !» Verdict le 18 mai.

VIDEO. Double meurtre de Montigny-lès-Metz: vingt-huit ans de souffrance et de mystères

Publié dans Articles de Presse

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