Commémorations. Yom HaShoah se tiendra les dimanche 23 et lundi 24 avril

Publié le par Jacques Bendelac (Jérusalem)

Commémorations. Yom HaShoah se tiendra les dimanche 23 et lundi 24 avril
Commémorations. Yom HaShoah se tiendra les dimanche 23 et lundi 24 avril

Les cérémonies officielles de Yom Hashoah débuteront ce soir en Israël et se termineront demain à la tombée de la nuit. Le jour de la Shoah commémore le génocide de près de 6 millions de Juifs par les nazis. À cette occasion, des sirènes retentissent dans le pays, invitant les Israéliens à se recueillir en silence pendant une minute. Soudain, tout s’arrête, on descend même de voiture, on se recueille en silence pendant une minute, et on pense aux victimes. Personne ici n’emploie le mot « Holocauste », synonyme de sacrifice religieux, mais le terme Shoah, mot hébreu signifiant « destruction méthodique ».

A SAVOIR. Ce soir tous les restaurants sont fermés en Israël. Yom HaShoah est commémoré le 27 du mois de nissan.

NOTRE EDITORIAL.

Israël commémore la Journée de la Shoah. La situation financière de nombreux rescapés vivant en Israël est précaire ; la faute à la bureaucratie ?

En Israël, ce soir c’est le Yom HaZikaron LaShoah Ve La Gvoura, c’est-à-dire la Journée du Souvenir de la Shoah et de la Bravoure ; les Israéliens se souviennent des six millions de morts, exterminés durant la seconde guerre mondiale, et des actes de bravoure dont certains se sont illustrés durant la guerre.

Chaque année, à l’approche de la commémoration de la Shoah, les médias israéliens se font l’écho de la situation économique précaire dans laquelle sont plongés nombre de survivants. Car pour les rescapés qui vivent aujourd’hui en Israël, cette journée serait presque comme les autres : leur situation économique ne va pas en s’améliorant avec leur âge.

Aujourd’hui, 40% des rescapés ont entre 70 et 79 ans, et 60% d’entre eux sont âgés de 80 ans et plus, autrement dit, le temps presse : 35 survivants de la Shoah décèdent chaque jour, soit 13.000 par an. Ce qui signifie que dans quinze ans tout au plus, il ne restera plus un seul rescapé en vie.

Sur les quelque 194.000 rescapés de la Shoah vivant en Israël, 50.000 vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Pour la plupart, ils subviennent à leurs besoins avec la faible allocation-vieillesse la sécurité sociale israélienne.

En 2016, 60.000 rescapés recevaient aussi une allocation de dépendance de la sécurité sociale israélienne : il s’agit de quelques heures d’aide à domicile pour les personnes les plus dépendantes de leur entourage.

Sous certaines conditions (origine, revenus, etc.), certains rescapés ont pu aussi prétendre à une rente supplémentaire versée par le ministère israélien des Finances : celui-ci applique la « loi pour les invalides des exactions nazies » votée par la Knesset en 1957 et qui concerne les rescapés qui ont fait leur Aliya avant octobre 1953.

Quant à ceux qui perçoivent des réparations étrangères, directement d’un pays d’Europe (comme l’Allemagne), ou par l’intermédiaire d’un organisme parapublic, ils doivent parfois traverser un nouveau « parcours du combattant » : pour faire valoir leurs droits, ils doivent se tailler un chemin dans la jungle bureaucratique et juridique, ce qui les conduit parfois à renoncer.

« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » est-on en droit de se demander en consultant l’enchevêtrement des organismes qui, en Israël, octroient des aides aux rescapés de la Shoah.

Curieusement, l’aide officielle que l’Etat d’Israël accorde aux rescapés est gérée par le ministère des Finances. Celui-ci a créé un département spécialisé : l’Autorité pour les Droits des Rescapés de la Shoah (Holocaust Survivors Rights Authority). L’an passé, l’Autorité a versé une rente à environ 90.000 rescapés, soit à la moitié des rescapés vivant en Israël, avec un budget annuel de 3 milliards de shekels (650 millions d’euros).

Mais ce n’est pas tout : au fil des ans, les organisations d’aide aux rescapés ont proliféré et elles se font souvent concurrence. Les principales sont : “The Claims Conference” établie en 1951 pour gérer les réparations accordes par le gouvernement allemand ; “Hashava, the Holocaust Restitution Company”, qui localise et gère les biens en Israël dont les propriétaires ont péri dans la Shoah ; "The Foundation for the Benefit of Holocaust Victims » créé en 1994. Sans compter une vingtaine d’associations volontaires qui se sont fixé pour but de venir en aide aux rescapés, avec plus ou moins de succès.

Face à ce dédale de bureaucratie, beaucoup de rescapés renoncent ; Ils en ont marre de manifester face au ministère des Finances pour se voir attribuer quelques shekels supplémentaires. Et les politiciens israéliens en profitent pour monter au créneau.

Publié dans Articles de Presse

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