« J'ai toujours été déterminé à résister »

Publié le par Ouest France

« J'ai toujours été déterminé à résister »
Membres de l'Etat Major de la 716ème Division d'Infanterie posant à l'entrèe du Bunker

Membres de l'Etat Major de la 716ème Division d'Infanterie posant à l'entrèe du Bunker

Témoignage

Résistant de la première heure, André Heintz a recueilli, tout au long de la guerre, de nombreux renseignements précieux pour les Alliés. Il nous raconte son parcours et son action.

Dès les premiers temps de l'Occupation, André Heintz, alors âgé d'à peine 20 ans, a une seule idée en tête : entrer en résistance. Ses premiers pas dans un groupe, il les fait grâce à une connaissance : l'abbé Makulec, curé polonais de Potigny. « Il m'a demandé mon aide. J'étais rudement content, car j'étais bien déterminé à faire de la Résistance. »

Son rôle est rapidement défini. « Je devais rassembler tous les renseignements possibles sur les Allemands. »

Le renseignement sera sa spécialité. Une activité qu'il mènera dans différents groupes de résistants. « On m'a, par exemple, demandé de rassembler un maximum d'informations sur ce qui se passait à l'aérodrome de Carpiquet. » Un fermier voisin des installations l'aide dans cette tâche délicate.

Autre « cible » de choix : la surveillance et le recueil de renseignements sur l'état-major allemand de Caen, situé avenue de Bagatelle, à proximité de l'endroit où il habite. C'est pour les besoins de cette mission qu'il prend cette photo (voir ci-dessous). « Il y avait une sentinelle auprès de l'entrée et des soldats partout. C'était délicat », se rappelle André Heintz.

« S'il m'a vu, je suis fichu »

Muni d'un petit appareil photo, il attend patiemment que la sentinelle entre dans la guérite pour s'approcher et prendre le cliché. Mais là, « j'ai eu une émotion. Je n'avais jamais remarqué que la guérite avait une petite ouverture pour que la sentinelle puisse garder un oeil sur l'extérieur. »

Grosse frayeur. « Je me suis dit : « S'il m'a vu, je suis fichu ». » En rentrant chez lui, le doute s'installe. « Ce fut une de ces nombreuses nuits où j'ai dormi habillé, à côté de mon lit, pour être sûr de partir plus vite si besoin... Mais il n'y a pas eu de suites. »

Le cliché, et bien d'autres encore, étaient ensuite envoyés en Angleterre. Cette masse d'informations constituait une mine d'or pour les Alliés.

Sur le terrain, les résistants devaient faire preuve d'une grande prudence pour ne pas être vus ensemble. Les églises étaient un lieu idéal pour se rencontrer et transmettre des informations. « Pour ma part, je rencontrais un de mes contacts dans l'église Saint-Sauveur, rue Froide. Elle avait l'avantage d'avoir deux entrées donnant sur deux rues différentes. Ceci permettait de n'être jamais vus ensemble. Quand on était à l'intérieur, il me glissait les questions, et moi je donnais les réponses. On faisait attention à ne pas sortir en même temps. »

Inlassablement, malgré le danger, André Heintz glane des renseignements pour les Alliés. « C'est sûr qu'il fallait prendre des tas de précautions. Je faisais très attention. Dans la rue, je regardais si j'étais suivi », conclut André Heintz. Une prudence qui lui a peut-être sauvé la vie.

Publié dans Articles de Presse

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