Vu de Croatie : Praljak, mort pour la “vérité” sur la guerre en Bosnie

Publié le par Courrier International

Vu de Croatie : Praljak, mort pour la “vérité” sur la guerre en Bosnie
La une de Jutarnji list le 30 novembre.

La une de Jutarnji list le 30 novembre.

Le suicide en direct de l’ancien général croate Slobodan Praljak en pleine audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), au moment où les juges confirmaient la peine de 20 ans de prison pour ses crimes de guerre en Bosnie-Herzégovine, a provoqué un choc en Croatie. D’autant que le jugement confirme explicitement l’implication directe de la Croatie dans la guerre en Bosnie-Herzégovine (1992-1995), sans que cela soit dit de façon aussi nette pour la Serbie (incriminée dans une note de bas de page du jugement de Ratko Mladic).

Praljak a avalé le poison, il ne voulait pas vivre avec le verdict du Tribunal pénal de La Haye à son encontre”, titre Jutarnji List à sa une. “Avec son geste désespéré, l’ancien général du HVO [les milices croates en Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995] a protesté d’une manière radicale contre ce qu’il voyait comme la plus grande injustice, à savoir une interprétation en noir et blanc de la guerre [en ex-Yougoslavie], soutenue par les procureurs du TPIY”, explique le quotidien de Zagreb.

Praljak s’est investi totalement dans le combat contre une interprétation simpliste de la guerre entre les Croates et les Bosniaques de 1992-1994 [selon laquelle les Croates étaient les agresseurs, et les autres les victimes] et du rôle de la Croatie dans cette guerre”, souligne Jutarnji List. “Il n’a pas nié les crimes, il n’a pas eu peur de la prison. Il savait qu’il allait être accusé. Pendant plus de dix ans il rassemblait une documentation énorme sur la guerre [il a écrit 18 livres depuis sa cellule]. Mais la vraie vérité sur la guerre n’intéressait ni Zagreb, ni Sarajevo, ni le Tribunal de la Haye”, estime le quotidien croate.

Créé après l’indépendance de la Croatie, le «Journal du matin», d’orientation libérale, est le deuxième quotidien du pays. On y trouve des reportages et chroniques de qualité, le journal ayant ouvert ses colonnes à de nombreux écrivains croates. Jutarnji List fait partie du principal groupe de presse croate, EPH, qui rassemble l’influent hebdomadaire croate Globus, le plus grand quotidien local Slobodna Dalmacija, ainsi que plusieurs titres de la presse féminine. 

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