Au revoir et merci, Jean d'Ormesson

Publié le par L'Obs

Au revoir et merci, Jean d'Ormesson

L'auteur de "la Gloire de l'Empire" et de "Qu'ai-je donc fait?" est mort. Il avait 92 ans.

Jean d'Ormesson (1925-2017), ici en 1974, lorsqu'il succéda à Jules Romains à l'Académie française. (Universal Photo/SIPA)

Jean d'Ormesson (1925-2017), ici en 1974, lorsqu'il succéda à Jules Romains à l'Académie française. (Universal Photo/SIPA)

Le romancier et académicien français Jean d’Ormesson est mort, dans la nuit du mardi 5 décembre, d’une crise cardiaque à son domicile de Neuilly-sur-Seine, a annoncé à l'AFP sa fille, l'éditrice Héloïse d'Ormesson. L’auteur d’«Au revoir et merci» avait 92 ans.

Ecrivain apprécié du grand public, parfois sévèrement jugé par une frange plus exigeante du lectorat, figure médiatique célèbre pour sa légèreté et sa répartie joyeuse, il a incarné, dans les journaux et à la télévision, une certaine idée de la littérature française, dans ce qu’elle a de désinvolte, mondain, facétieux, sceptique.

Issu de la grande aristocratie française (un de ses ancêtres avait été mêlé au procès de Nicolas Fouquet), Jean Bruno Wladimir François de Paule Lefèvre d'Ormesson, alias Jean d’O., est né le 16 juin 1925 dans le VIIe arrondissement parisien. Fils de l’ambassadeur André d’Ormesson, neveu du diplomate Wladimir d’Ormesson, il grandit au château de Saint-Fargeau, dans une famille aussi bien liée à Léon Blum qu’à l’Action française. Il fait de grandes études (hypokhâgne à Henri-IV, Ecole normale supérieure – où il disait avoir été le condisciple de «trotskistes» comme J.B. Pontalis et Claude Lefort –, agrégation de philosophie), puis entre à «Paris Match», début d’une carrière de journaliste important.

Il passera par quelques ONG, cabinets ministériels et institutions internationales, avant de devenir directeur général du «Figaro» en 1974, un an après son élection à l’Académie française, dont il deviendra la mascotte. Il a en effet publié son premier livre, «l’Amour est un plaisir», en 1956. Il connaît un succès important en 1971 avec «la Gloire de l’Empire», pastiche de récits d’historiens concernant un empire imaginaire. En 1974 paraît «Au plaisir de Dieu», grande fresque familiale, assez largement autobiographique, à laquelle il travaillait, dit-il, depuis son plus jeune âge. Suivront «Histoire du Juif errant» et «Presque rien sur presque tout».

"Et moi je vis toujours"

Politiquement, il s’est toujours présenté comme un homme de droite, tendance qui se retrouvait dans sa littérature, issue du mouvement des «Hussards». Ce qui ne l’a empêché de militer ardemment pour l’admission, en 1980, d’une femme sous la Coupole (c’était Marguerite Yourcenar). 

Surtout, l’auteur de «Qu’ai-je donc fait?» avait la plume féconde. Il a publié près d’une quarantaine d’ouvrages, très divers, allant du roman au livre de souvenirs en passant par la monographie d’écrivain et au recueil d’articles. Il y a parlé de l’amour, du temps qui passe, de l’histoire, de la religion. Ces dernières années, il a connu un regain de succès, avec des livres méditatifs comme «C’est une chose étrange à la fin que le monde» ou «Un jour je m’en irai sans avoir tout dit». Un ultime essai, intitulé, «Et moi je vis toujours», est annoncé chez Gallimard pour le 1er février 2018.

Au printemps 2015, il avait fait son entrée dans la prestigieuse collection de la Pléiade. Quand Antoine Gallimard lui a annoncé que son œuvre y être éditée, il avait dit: «Enfin une Pléiade qui va se vendre.»

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