Fumel - Une plaque en l'honneur du résistant John Torikian

Publié le par Elisabeth Géraldes

Fumel - Une plaque en l'honneur du résistant John Torikian
Krikor Torikian, Azadouhie Gontek, Jean-Louis Costes et Sylviane Arnac./ Photo DDM, E. G.

Krikor Torikian, Azadouhie Gontek, Jean-Louis Costes et Sylviane Arnac./ Photo DDM, E. G.

Alors que résonnent les paroles du «Chant des partisans» entamées par la chorale de Condezaygues, c'est le visage de ce tout jeune résistant qui hante l'esprit de la centaine de personnes présentes en ce jour d'hommage, alors que la plaque qui porte le nom de John Torikian est dévoilée. La présence de son frère Krikor, de sa sœur Azadouhie ainsi que la fille de Rosette, son autre sœur, n'y est sans doute pas étrangère, rendant la sensation de sa présence plus vive.

Plusieurs porte-drapeaux et anciens combattants, répondant à l'invitation de la mairie de Fumel et de l'Association nationale des anciens combattants résistants (ANACR), rappellent que c'est contre une guerre et pour la liberté de ses compatriotes que ce jeune homme a rejoint le groupe Dollé et son combat.

Ses parents d'origine arménienne fuyant les persécutions finissent par s'installer à Fumel, dans la rue qui porte aujourd'hui leur nom. «John entra comme apprenti à l'usine mais il rêvait d'action : il s'engagea vite dans le maquis du capitaine Dollé à Saint-Sylvestre. En juin 1944, le Débarquement fait renaître l'espoir et les FFI reçoivent l'ordre de faire sauter les voies de communication pour retarder le départ des troupes allemandes. Le 17 août 1944, à 5h30, la voie ferrée saute entre Lafox et Bon-Encontre puis, à 8 heures, les camions ennemis passent. Pour les jeunes, c'est leur premier combat et ils les poursuivent. Mais sur le chemin du retour, à Saint-Jean-de-Thurac, les maquisards sont pris sous le feu de 250 miliciens. Les jeunes miliciens vont s'acharner sur trois blessés, les rendant méconnaissables. John Torikian est retrouvé mort avec 6 de ses compagnons. Le père reconnaîtra le corps de son fils «par les chaussettes tricotées à la maison». Sa mère meurt de chagrin trois ans plus tard.

John est mort pour la France à 17 ans, le 17 août 1944. Enterré au cimetière de Libos, on peut voir l'encadrement en fonte de sa tombe réalisé, en son hommage, par ses compagnons de l'usine SMMP de Fumel», finit de raconter Sylviane Arnac, représentant Brigitte Moréno, présidente de l'ANACR.

Publié dans Articles de Presse

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