Hommage à un vrai héros

Publié le par Mémoires de Guerre

Hommage à un vrai héros
Krikor et Azadouhie Torikian ont dévoilé la plaque à la mémoire de leur frère John. Photo M. D.

Krikor et Azadouhie Torikian ont dévoilé la plaque à la mémoire de leur frère John. Photo M. D.

John Torikian n’a pas été oublié et, samedi, l’émotion était grande quand sa sœur Azadouhie et son frère Krikor ont dévoilé la plaque portant son nom avec le maire, Jean-Louis Costes, et Sylvie Arnac, représentant l’Association nationale des anciens combattants résistants. Outre les autorités et responsables d’associations mémorielles, on comptait de nombreux habitants de la rue et du quartier du « Foyer fumélois » qui avaient côtoyé la famille Torikian dans leur jeunesse.

Azadouhie Gontek – Torikian, dont le prénom, choisi par son grand frère John, signifie « Liberté » en arménien, a rappelé la beaucoup trop courte vie de « Jeannot ». Elle rappelait d’abord l’exil de ses parents fuyant la Turquie où leur peuple était massacré et arrivant dans la Drôme en 1924 pour y trouver enfin la paix. Approchés par des recruteurs de la SMMP (l’usine de Fumel), ils acceptaient leur proposition alléchante – un travail, une maison et un jardin -, et venaient s’installer au n°23 de la rue du Foyer fumélois avec John, né le 23 avril 1927, leur fille Rosette et leur second fils Krikor. Azadouhie vient combler le bonheur de ce paisible foyer en 1942. « Les sonorités des langues se mêlaient et le respect régnait dans ce havre de paix », se rappelle Azadouhie.

Résistant à 15 ans

Hélas, la guerre allait, deux ans plus tard, semer la désolation. John, brillant apprenti, rejoint très tôt le Front national de libération et distribue la propagande antinazie dans l’usine avant de s’engager dans la Résistance à 15 ans, à l’insu de ses parents. Le 17 août 1944, alors qu’il combat contre un camion de soldats allemands à Saint-Jean-de-Thurac, il est massacré à coups de crosse par des miliciens parmi lesquels se trouvait un de ses copains de collège.

« Seul mon père a été autorisé à la voir et il ne le reconnut que grâce aux chaussettes tricotées à la maison », racontait sa sœur qui concluait son intervention en rappelant que le directeur de l’usine a demandé à la municipalité de donner son nom à la rue où il avait vécu et que ses copains de l’usine ont réalisé un encadrement en fonte pour sa tombe au cimetière de Libos.

Après les discours du maire et de l’Anacr, la chorale de Condezaygues chantait « La Marseillaise » et le « Chant des partisans ».

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