Caen - Les réserves du Mémorial révèlent leurs secrets

Publié le par Nathalie Travadon

Dans un hangar, le Mémorial stocke une partie du fonds « objets ». Et au musée des pièces retraçant le quotidien de la Seconde Guerre mondiale. Ce vendredi, des Norvégiens viennent en emprunter.

L'entrepôt du Mémorial regorge d'objets : la Jeep américaine y côtoie la cuisine suédoise d'après-guerre et les vieux postes de radio.

L'entrepôt du Mémorial regorge d'objets : la Jeep américaine y côtoie la cuisine suédoise d'après-guerre et les vieux postes de radio.

Reportage

Dans un endroit discret et secret, le Mémorial entrepose une partie du fonds de la collection « objets ». Dès l'entrée, on y trouve des wagons hermétiques, deux ogives désormais inoffensives du plateau d'Albion, une Jeep américaine, des camions, des canons de défense aérienne, une pompe à essence, des caisses vides de munitions, des vieux vélos... Tout ce qui a principalement rapport avec la Seconde Guerre mondiale.

Mais aussi une cuisine aménagée, ancêtre, à n'en pas douter, de celles proposées par le géant suédois du meuble. « Elle équipait les maisons suédoises d'après-guerre », explique Christophe Prim, responsable de la collection « objets » du Mémorial.

À l'étage, sur une grande mezzanine, des bouteilles de Coca dans des casiers en bois, des bidons, bien rangés sur des étagères, des postes de radio. Une cocotte-minute. Quelques meubles « intéressants parce que réalisés avec du matériel de récupération », poursuit-il. La plupart ont été donnés au Mémorial, d'autres sont des prêts à long terme. « C'est le cas d'un char allemand Panzer, d'un télémètre (instrument optique) et d'un canon. Ils appartiennent à la Norvège qui vient les récupérer vendredi matin, sauf le char qui partira la semaine prochaine. »

« Toute une vie »

Au Mémorial, la collection « objets » est plus tournée vers la vie quotidienne pendant la guerre. Si la première pièce abrite peu de chose, la seconde est chargée d'émotion. Christophe Prim ouvre des tiroirs et des armoires. On y trouve de la vaisselle à l'effigie de Pétain, des jouets d'enfants, dont certains font de la propagande. Là, un pendentif avec incrustées les couleurs de la France. Comme une résistance passive. Un petit sac à main avec des photos à l'intérieur. « Toute une vie », lance Christophe Prim.

A n'en pas douter, ces objets sont des instantanés de vie, comme un bout d'âme accroché sur le chapeau d'une femme, la malle allemande de secours, ou celle du bottier. Une trace de vie qui soulève l'émotion au travers de ses pièces, dont on a l'impression qu'elles sont encore empruntes de la peur, la joie, la douleur de ceux qui les ont portées ou touchées.

La dernière pièce garde jalousement les vêtements d'officier, de prisonniers, de femmes aussi. Ici, la veste d'un homme déporté : « Il était médecin dans un camp, cela se lit sur son brassard et dans le dos on a cousu un petit bout de tissu signifiant qu'il était prisonnier ».

Christophe Prim connaît l'origine et l'histoire de tout ce qui est là. « On brosse tout le conflit et on acquiert des pièces très diverses. Il faut aussi compléter les fonds existants et développer des thématiques plus précises comme le fonds jeunesse que j'aimerais enrichir. » Tout comme celui des objets de la captivité de guerre et de la propagande.

Il travaille aussi en fonction de l'évolution des parcours du musée. Pour le 70e anniversaire du Débarquement, « on monte une exposition de 100 objets liés à la Bataille de Normandie avec une histoire très forte. Comme l'objet d'un soldat allemand perdu alors qu'il battait en retraite et qu'un civil a récupéré et conservé ». Un appel est lancé.

Publié dans Articles de Presse

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