Affaire Skripal : Poutine est-il allé trop loin ?

Publié le par Gabriel Hassan

Affaire Skripal : Poutine est-il allé trop loin ?

Jeudi 15 mars, Londres et ses alliés ont condamné fermement la Russie pour l’utilisation d’un agent innervant sur le sol britannique. Tandis que l’administration américaine a sanctionné Moscou pour ses cyberattaques. Le début d’une riposte internationale au président russe ?

Dessin de Pedro Molina, Nicaragua.

Dessin de Pedro Molina, Nicaragua.

Poutine a fini par aller trop loin”, affirme le chroniqueur du Washington Post David Ignatius. Jeudi 15 mars, le président russe s’est heurté à une réponse vigoureuse des Occidentaux à la suite de l’empoisonnement d’un ex-espion russe et de sa fille à Salisbury, au Royaume-Uni. Londres, qui tient Moscou pour responsable, a reçu l’appui de la France, de l’Allemagne et des États-Unis dans une condamnation de “la première utilisation offensive d’un agent innervant en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale”, qualifiée d’“infraction à la loi internationale”. “Ce langage ferme justifie une action de l’Otan et des Nations unies”, note le chroniqueur américain.

Le Kremlin a déjà réagi en affirmant que les accusations britanniques étaient “contraires à la loi internationale et au bon sens”, rapporte The Independent, et que le Royaume-Uni pouvait s’attendre à des mesures de rétorsion “à tout moment” après l’expulsion de 23 diplomates annoncée par Theresa May.

De son côté, l’administration Trump, “après un an à jouer la montre avec des déclarations alambiquées”, a annoncé des sanctions jeudi en représailles aux cyberattaques et à l’ingérence électorale de Moscou, poursuit le chroniqueur du Washington Post. Plus que les mesures elles-mêmes, c’est la position du président Trump – jusqu’ici réticent à critiquer le Kremlin – qui marque les esprits. “Il semble clairement que les Russes soient derrière ça”, a déclaré le président à propos de l’empoisonnement, mettant fin à plusieurs jours de silence sur le sujet. “Trump a enfin quelque chose de négatif à dire sur la Russie”, se félicite The New York Times.

“Aller plus loin”

Pour le journal new-yorkais, “les pénalités doivent aller plus loin, en soumettant les riches amis de Poutine et leurs familles à des sanctions, comme des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, qui mettraient encore plus de pression sur le dirigeant russe”. Le chroniqueur du Washington Post propose de son côté de faire pression sur les alliés américains du Golfe pour faire baisser les cours des hydrocarbures, dont dépend l’économie russe.

Côté britannique, le conservateur Daily Telegraph se réjouit de voir les alliés de Londres faire front avec Theresa May. “La Première ministre a montré ce dont elle est capable en matière de diplomatie. La déclaration de la France, de l’Allemagne, des États-Unis et du Royaume-Uni […] était indispensable et sans équivoque”, écrit le quotidien dans son éditorial. Tandis que l’administration américaine a finalement adopté des sanctions, en Europe, “la détermination de la France semble s’être renforcée”, salue le journal.

“Peut-être Poutine a-t-il ordonné cette attaque ? Peut-être n’a-t-il pas pu l’empêcher ou n’a-t-il pas essayé ? Quelles que soient ses motivations, [l’empoisonnement de] Salisbury va de pair avec l’intimidation des rivaux de Moscou, l’ingérence électorale, les cyberattaques et la guerre en Ukraine, affirme le Telegraph. Face à une telle menace, la Grande-Bretagne ne joue pas les victimes, elle a pris la tête d’une résistance déterminée.”

Publié dans Articles de Presse

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