Stéphane Audran : décès d'une figure du cinéma français

Publié le par Les Echos

Stéphane Audran : décès d'une figure du cinéma français

L'actrice fétiche du cinéaste Claude Chabrol est décédée à l'âge de 85 ans.

« Elle possédait tout à la fois l'élégance et le mystère, la désinvolture et la complexité », a salué la présidente du Centre national du cinéma (CNC) Frédérique Bredin. LSNER FABRICE/SIPA

« Elle possédait tout à la fois l'élégance et le mystère, la désinvolture et la complexité », a salué la présidente du Centre national du cinéma (CNC) Frédérique Bredin. LSNER FABRICE/SIPA

Elle a incarné des bourgeoises devant la caméra décapante de son ex-époux Claude Chabrol, et connu deux de ses plus beaux rôles dans « Le Charme discret de la bourgeoisie » et « Le Festin de Babette ». L'actrice française Stéphane Audran est décédée mardi à 85 ans.

« Ma mère était souffrante depuis quelque temps. Elle a été hospitalisée une dizaine de jours et était revenue chez elle. Elle est partie paisiblement cette nuit vers 2 heures du matin », a annoncé son fils Thomas Chabrol.

De son vrai nom Colette Suzanne Dacheville, Stéphane Audran est née à Versailles (Yvelines) le 8 novembre 1932. Elle rencontre au cours Dullin un apprenti comédien, Jean-Louis Trintignant. Ils se marient mais vont vite se séparer, lorsque ce dernier tombe amoureux de Brigitte Bardot.

Elégance, mystère et désinvolture

Stéphane Audran avait du talent pour jouer les femmes « libres et indépendantes », selon le réalisateur Jean-Pierre Mocky qui l'avait dirigé dans « Les Saisons du plaisir », en 1988. Mais c'est bien dans les années 1970 que l'actrice a marqué de son regard froid et perçant.

En 1968, elle reçoit un Ours d'argent à Berlin pour « Les Biches » de Claude Chabrol, le BAFTA britannique de la meilleure actrice en 1974 pour « Le Charme discret de la bourgeoisie » de Luis Buñuel et « Juste avant la nuit » de Claude Chabrol, et un César de la meilleure actrice dans un second rôle pour « Violette Nozière », de Chabrol, en 1979.

Stéphane Audran dans le film « La femme infidèle », de Claude Chabrol sorti 1969. - Nana Productions/SIPA

Stéphane Audran dans le film « La femme infidèle », de Claude Chabrol sorti 1969. - Nana Productions/SIPA

Elle possédait tout à la fois l'élégance et le mystère, la désinvolture et la complexité », a salué la présidente du Centre national du cinéma (CNC), Frédérique Bredin. « Sa présence magnétique, son charisme fascinant et son intelligence du jeu ont profondément marqué le cinéma français ».

On la voit également dans les années 80 dans quelques films étrangers comme « Au-delà de la gloire » de Samuel Fuller, et surtout « Le Festin de Babette » du Danois Gabriel Axel, Oscar du meilleur film étranger en 1988, l'un des films phare de sa carrière. Elle y interprète une cuisinière française hors pair qui débarque dans un petit village du Danemark.

L'actrice ralentit ensuite le rythme des tournages - on la verra toutefois dans « Ma femme s'appelle Maurice » de Jean-Marie Poiré en 2002 ou « La fille de Monaco » d'Anne Fontaine, 2008 -, donnant une nouvelle orientation à sa vie, en quête de sérénité par les médecines douces, l'acupuncture et la pensée chinoise.

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