Décès de Lucienne Fabre-Sébart : l’Oise perd l’une de ses dernières résistantes

Publié le par Elie Julien

Décès de Lucienne Fabre-Sébart : l’Oise perd l’une de ses dernières résistantes

Engagée alors qu’elle n’avait que 19 ans, elle fut l’une des figures de la Résistance en France. Alors qu’il ne reste qu’une poignée de ces héros dans l’Oise, elle est décédée à l’âge de 97 ans.

Lucienne Fabre-Sébart ne courait pas après les récompenses. Son action et son courage amenaient pourtant un respect certain. LP/Elie Julien

Lucienne Fabre-Sébart ne courait pas après les récompenses. Son action et son courage amenaient pourtant un respect certain. LP/Elie Julien

Elle est de celles qui marquent ceux qui ont pu la rencontrer. Lucienne Fabre-Sébart, résistante notoire de l’Oise pendant la Seconde Guerre mondiale, s’est éteinte ce mardi, dans sa 98e année. Il y a tout juste un an, le président de la République l’avait nommée dans l’ordre de la Légion d’honneur au titre des « anciens résistants particulièrement valeureux. »

Nous avions alors pu rencontrer cette personnalité de la Résistance, n’hésitant pas à se faire passer pour une jeune femme enceinte lors de contrôles par les Allemands afin de dissimuler des armes. Elle avait été chargée de nombreux réseaux de communication dans plusieurs départements français, changeant d’identité à chaque fois.

La résistante arrêtée 50 fois

La Nogentaise, qui vivait à Angicourt, se rappelait encore de chaque détail, de ses centaines d’interventions dans les collèges pour témoigner mais aussi des 50 arrestations desquelles elle s’est sortie lors de son engagement dès ses 19 ans. Celle qui n’aurait pas apprécié qu’on parle d’elle sans rappeler son engagement communiste ou ses amis morts durant la guerre, a même échappé aux balles lors de la libération de Paris à laquelle elle a ardemment participé.

Lors de sa remise de la Légion d’honneur, le 27 mai dernier à Angicourt où elle coulait des jours heureux près de son immense famille, elle n’avait pensé qu’à « mes camarades et à nos valeurs de courage », émouvant l’assemblée. Le 23 mars, une salle du collège des Bourgognes, à Chantilly, recevait encore le nom de « classe Lucienne Fabre-Sébart ». Une impasse porte son nom à Monchy-Saint-Eloi. Ce sont désormais dans les livres d’histoire que brilleront ses exploits que l’humilité l’empêchait de raconter.

Ses obsèques auront lieu ce lundi 16 avril, à 10h30, au cimetière de Nogent-sur-Oise, où un hommage lui sera rendu. Elle avait précisé à ses proches, amis du PCF ou anciens combattants, qu’elle ne souhaitait pas de fleurs ou de plaque mais que des dons soient faits au Secours populaire. Une dernière demande comme symbole de son caractère, affirmé, engagé et solidaire.

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