Franck Bauer, dernier speaker français de Radio-Londres, est mort

Publié le par RTL

Franck Bauer, dernier speaker français de Radio-Londres, est mort

Le dernier speaker français de Radio-Londres Franck Bauer est décédé ce vendredi 6 avril à l'âge de 99 ans. De 1941 à 1943, il avait fait parti des journalistes qui se relayaient sur la BBC pour porter les messages de la résistance.

Franck Bauer, ancien speaker à "Radio Londres", le 17 juin 2009 à Paris Crédit : AFP / Archives, Patrick Kovarik

Franck Bauer, ancien speaker à "Radio Londres", le 17 juin 2009 à Paris Crédit : AFP / Archives, Patrick Kovarik

"Ici Londres... Les Français parlent aux Français". C'était l'une des voix de la résistance à l'occupation nazie : Franck Bauer, ultime survivant de l'équipe de speakers français de Radio-Londres durant la Seconde Guerre mondiale, est décédé vendredi 6 avril à l'âge de 99 ans, a annoncé à l'AFP son fils, l'artiste Axel Bauer. 

Né en 1918 à Troyes, le batteur de jazz s'était engagé au sein de la France libre dès juin 1940. Il avait fait partie, de mars 1941 à avril 1943, de cette petite équipe de journalistes français qui, sur les ondes de la BBC, se relayaient pour porter l'espoir pendant l'occupation allemande. 

Il avait à ce titre diffusé des centaines de messages codés à ceux qui luttaient contre l'occupant, dont certains étaient restés gravés dans sa mémoire, comme : "Le crabe va rencontrer les serpents" ou "Le cheval envoie ses voeux à Polydore, sa filleule et ses amis". 

"La voix et l'image du speaker de Radio-Londres"

Dernier survivant de cette équipe, "c'est de lui dont on retient la voix et l'image du speaker de Radio-Londres" dans les archives de l'époque, et il avait participé à d'importantes commémorations, notamment en 2010 à Londres pour le 70e anniversaire de l'appel du Général de Gaulle, a-t-il rappelé. 

Après avoir été occupé à des missions de propagande, il avait été engagé comme speaker à Radio-Londres par son patron, Jacques Duchesne, qui jugeait que son timbre de voix avait les caractéristiques nécessaires pour résister au brouillage allemand. 

Comme il l'avait raconté dans "40 à Londres, la voix de la liberté", livre paru en 2004 aux éditions Bayard, Franck Bauer avait fini par démissionner quelques mois après le débarquement de novembre 1942 en Afrique du Nord, pour ne pas, selon lui, cautionner les messages entérinant la prise de contrôle à Alger de l'amiral Darlan et du général Giraud, au détriment du général de Gaulle

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