Le résistant oublié du sabotage de l’usine Sébastopol

Publié le par Ludovic Lascombe

Le résistant oublié du sabotage de l’usine Sébastopol

Marc Mignot a fait partie du groupe de résistants qui a participé à cet acte de résistance.

Le résistant oublié du sabotage de l’usine Sébastopol

L’article « A la mémoire de mon père, ce héros de la résistance », paru dans notre édition du 24 février, a fait réagir une Hamoise, Roselyne Mignot. Cette dernière s’est étonnée que son père Marc Mignot ne figure pas dans l’article relatant l’action de sabotage dans l’usine Sébastopol, à Ham (Somme) dans la nuit du 3 au 4 décembre 1943, réalisée par trois résistants, Paul Vaudoyer, Robert Bibaut et Maurice Coutte. Arrêtés par la Gestapo, emprisonnés et torturés, les trois hommes décéderont lors du bombardement allié de la prison d’Amiens (opération Jéricho), le 18 février 1944. Seul Marc Mignot en réchappa.

Or dans la brochure éditée par le musée de la résistance et de la déportation de Picardie « Les sentiers de la Mémoire » si une double page est bien consacré à l’acte d’héroïsme de Vaudoyer-Bibaut-Coutte, il n’apparaît nulle part le nom de ce quatrième homme. Interrogés, les responsables du musée reconnaissent ne pas avoir eu trace de son existence.

au nom du devoir de mémoire pour toute notre famille ».

«  Pourtant mon père était bien présent »  assure sa fille, documents à l’appui dont celui du capitaine des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) du groupement de l’Aisne Dromas à la Libération. «  Dans son attestation, il stipule bien que l’opération a été menée par quatre hommes et non trois. Mais des dissensions internes seraient apparus au sein du groupe d’où l’oubli de sa participation  », croit savoir sa fille qui veut réparer cette injustice «  au nom du devoir de mémoire pour toute notre famille  ».

«  S’il est le seul parmi les quatres à s’en être sorti indemne, il a eu la colonne vertebrale touchée et été déporté outre-Rhin en camp de travail à Coswig en Allemagne, jusqu’au 23 mai 1945 date de son retour en France, dans un état indescriptible.  »

Après guerre, Marc Mignot est revenu vivre dans sa région natale, à Ham en reprenant son travail dans l’usine Cuivres et Alliages (ex Sebastopol). Il y restera jusqu’à son décès le 25 février 1968, à l’âge de 44 ans. A l’époque, des coupures de journaux évoquent la disparition de ce «  charmant garçon, combattant volontaire de la résistance et invalide de guerre  ».

Appartenant au bureau de la section des déportés de Péronne, il était aussi connu à Ham comme «  un membre dévoué de l’Union sportive de Ham où il s’occupait des footballeurs cadets et minimes  » et où il aura entraîné un certain Jean-Paul Vaudoyer, fils d’un des quatre auteurs de l’attentat de l’usine Sébastopol...

Publié dans Articles de Presse

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