Maurice Lantier savait partager l’Histoire

Publié le par Emilie Michel

Maurice Lantier savait partager l’Histoire

C’est un grand monsieur qui s’en est allé. Maurice Lantier, érudit passionné par Saint-Lô, n’a eu de cesse de transmettre son savoir auprès du plus grand nombre.

« Mon travail n’a pas été inutile », disait il y a quelques années Maurice Lantier, ici dans le jardin de son pavillon, à Saint-Lô. | Archives Ouest-France

« Mon travail n’a pas été inutile », disait il y a quelques années Maurice Lantier, ici dans le jardin de son pavillon, à Saint-Lô. | Archives Ouest-France

Nécrologie

Il avait l’humilité des grands. « Je suis surpris , avait-il avoué lorsqu’il avait appris, au début 2017, qu’il était nommé commandeur des Palmes académiques. Mais en même temps très heureux de voir que le travail accompli est récompensé » , ajoutait-il dans l’entretien accordé alors à  Ouest-France (22 mars 2017).

Et quel travail ! Maurice Lantier n’aura eu de cesse, sa vie durant, de transmettre au plus grand monde sa passion pour l’Histoire et surtout pour Saint-Lô. L’historien est décédé dimanche 15 juillet ; il avait 97 ans.

Originaire de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, Maurice Lantier, né en 1921, arrive avec son épouse Raymonde, à Saint-Lô, en octobre 1949. La capitale des ruines se relève ; la Reconstruction débute tout juste.

Adjoint au maire

« Maurice Lantier a même connu la reconstruction du lycée Le Verrier » , précise Georges-Robert Bottin, président de la Société d’archéologie et d’histoire de la Manche. Le Verrier, son lycée de cœur : Maurice Lantier, professeur agrégé, y enseignera durant trente-deux ans. « Il fut mon prof d’histoire-géographie pendant deux ans , se souvient l’une de ses anciennes élèves. J’appréciais les petites anecdotes historiques dont il agrémentait ses cours. » Ce passionné d’Histoire était, de l’avis de tous, un excellent pédagogue.

Avec talent, il a, au fil des ans, partagé ses connaissances dans de nombreuses publications, notamment Saint-Lô au bûcher , paru en 1969, et Saint-Lô dans le crépuscule de l’Ancien Régime . En 2015, Maurice Lantier avait, dans  Mon Père, classe 15 , publié aux éditions Corlet, évoqué le vécu de son père, Léon, Poilu de la Grande Guerre. Il collaborait également à la Revue de la Manche  et était un membre fidèle de la Société d’archéologie et d’histoire de la Manche.

Pour nourrir ses recherches historiques et sa réflexion, Maurice Lantier avait noué des contacts avec le directeur des Archives départementales, Yves Nédélec et organisé, avec son accord, des expositions de documents anciens qu’il partageait avec ses élèves. Une volonté de transmettre qui le conduira à fonder le Service éducatif des Archives départementales, avec le concours de Lucien Leherpeur, professeur à l’École normale. Il avait signé avec ce dernier L’Histoire de la Manche par les textes .

Chevalier de l’Ordre national du mérite, Maurice Lantier avait souhaité s’engager au service de Saint-Lô ; il occupera les fonctions d’adjoint au maire, sous la mandature d’Henri Liébard, de 1959 à 1971.

La passion de l’Histoire n’a jamais cessé de l’habiter. En juin, il était interrogé par Ouest-France sur les bunkers allemands de Saint-Lô et publiait, sur le site Internet de la Société d’histoire et d’archéologie de la Manche, un hommage à son ami, le professeur Paul Crépillon.

La messe d’inhumation de Maurice Lantier sera célébrée jeudi 19 juillet, à 10 h 30, en l’église Sainte-Croix.

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