Donald Trump défend son choix pour la Cour suprême

Publié le par Philippe Gélie

Donald Trump défend son choix pour la Cour suprême

VIDÉOS - Lors d'une conférence de presse mercredi soir, le président américain a douté des accusations visant Brett Kavanaugh à la lumière de sa propre expérience.

Donald Trump défend son choix pour la Cour suprême

Les accusations d'agressions sexuelles visant Brett Kavanaugh, le juge choisi par Donald Trump pour siéger à la Cour suprême, sont «une arnaque montée par les démocrates», estime le président américain. Tel a été le leitmotiv de sa conférence de presse mercredi soir à New York, la seconde seulement dans le pays depuis son élection.

Les enjeux planétaires abordés lors de l'Assemblée générale de l'ONU se sont largement effacés devant le mélodrame qui se profile ce jeudi matin au Sénat. Christine Blasey Ford, une professeure de psychologie de 51 ans, doit raconter devant tout le pays comment un adolescent ivre l'aurait agressée il y a 36 ans, lorsqu'elle avait 15 ans. Après elle, Brett Kavanaugh, 17 ans à l'époque, se défendra devant le même cénacle. Il nie les faits, ainsi que les récits de deux autres femmes portant des accusations similaires.

Pendant une heure et vingt minutes d'un show foisonnant mais décousu (qu'il compare lui-même à un concert, avec rappels), Donald Trump est revenu inlassablement sur «les gros arnaqueurs démocrates» qui s'en prennent «en rigolant» à «un grand génie» du droit et sa famille. Affirmant craindre que de futurs candidats aux cours fédérales soient «découragés» par le risque d'être diffamés, il assure: «Si on avait George Washington dans cette pièce, les démocrates voteraient contre lui.»

Trump prêt à changer d'avis sur les accusations contre Kavanaugh

Tout en refusant de «tomber dans un piège» en traitant de menteuses les trois accusatrices, il admet que son «expérience personnelle a un impact sur [son] jugement. J'ai été accusé par quatre ou cinq femmes qui ont reçu beaucoup d'argent pour monter de fausses accusations contre moi, a-t-il affirmé. Je compte regarder l'audition et je peux toujours être persuadé, il est possible qu'elle [Christine Blasey Ford] soit convaincante.»

«C'est une situation très difficile pour une femme, aucun doute», reconnaît Trump. Allant jusqu'à répondre «oui» à l'hypothèse d'un retrait de la candidature de Kavanaugh «si je pensais qu'il est coupable d'une telle chose.» Un vote de la commission des affaires judiciaires du Sénat est déjà programmé pour vendredi.

Le chef de la Maison-Blanche compte décaler son rendez-vous prévu jeudi matin avec Rod Rosenstein, le numéro deux du département de la justice, afin de «ne pas interférer» avec la séance télévisée au Sénat. Sur la sellette pour avoir suggéré d'enregistrer secrètement Trump, voire de le destituer, Rosenstein «dément et dit qu'il a beaucoup de respect pour moi, commente le président. Ma préférence serait de le garder, nous verrons.»

Ses alliés politiques lui déconseillent de limoger cet homme qui supervise l'enquête du procureur spécial Robert Mueller. Cela pourrait étayer une accusation d'obstruction à la justice: «Mes ennemis font feu de tout bois, lâche l'intéressé. Ils ne vont pas me battre dans les urnes, ça, ils le savent!»

Corée du Nord, Chine, Europe et Canada

En marge de ces polémiques intérieures, le président a prononcé une ode surprenante à Kim Jong-un, le jeune dirigeant nord-coréen, qui lui a adressé «deux lettres incroyables», dont une «historique, une magnifique œuvre d'art!» «Si vous voyiez ce que nous faisons en coulisses, vous seriez impressionnés, a-t-il assuré. Si je n'avais pas été élu, nous aurions eu une guerre, des millions de gens auraient été tués, ç'aurait facilement pu être une guerre mondiale. Maintenant nous sommes dans une très bonne situation, il m'aime et je l'apprécie, je crois vraiment qu'il veut aboutir» à la dénucléarisation de la péninsule.

Avec le président chinois, en revanche, «on n'est peut-être plus des amis», reconnaît Trump. Mercredi matin, il a accusé Pékin d'interférer dans les législatives de novembre prochain. «Nous avons des preuves, assure-t-il sans les préciser. [Les Chinois] aimeraient que je perde les élections car personne ne les a jamais défiés comme moi» en s'engageant dans une guerre commerciale. «Ils font des études sur Donald Trump pour comprendre ce qui se passe, se flatte l'intéressé. Ils ont un grand respect pour le très gros cerveau de Donald Trump

Le cerveau n'empêchant pas les muscles, le président américain distribue quelques baffes, aux Canadiens dont «il n'aime pas les négociateurs» commerciaux et aux Européens qui rechignent à le suivre dans sa campagne contre l'Iran: «Peu importe ce que pensent les autres dirigeants, à un certain moment les Iraniens vont revenir vers moi et passer un deal.»

Si son ego n'a pas été froissé quand l'assemblée générale de l'ONU a gloussé de ses vantardises, «c'est parce qu'ils ne riaient pas de moi, ils riaient avec moi, a assuré le maître de cérémonie. On a passé un bon moment ensemble!»

Publié dans Articles de Presse

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