Hitler en long, en large et surtout de travers

Publié le par Georges Bourquard

Hitler en long, en large et surtout de travers

Le pari est osé : offrir au regard plus de 200 photos officielles d’Hitler du début des années 20 à 1944. Destinés à façonner l’image du Führer, ces clichés sont « l’œuvre » de Heinrich Hoffmann, son photographe officiel sans talent mais d’une servilité exemplaire.

Hitler en long, en large et surtout de travers
Hitler en long, en large et surtout de travers
Hitler en long, en large et surtout de travers
Hitler en long, en large et surtout de travers
Hitler en long, en large et surtout de travers

«Ici on a une liberté de ton pour traiter l’Histoire, on la regarde en face ». Philippe Saurel, le maire (divers gauche) de Montpellier ne se cache pas derrière son petit doigt. L’exposition « Un dictateur en images », c’est lui. Elle rassemble un peu plus de 200 photos d’Hitler, le monstre absolu qui mit l’Europe à feu et à sang au XXe  siècle, et elle se veut pédagogique, pas provocatrice. « D’ailleurs l’objet de l’expo, poursuit l’édile, ce n’est pas Hitler, c’est Hoffmann son photographe officiel. Il s’agit de démontrer que ce sont des photos de composition dans un seul but, la destruction de l’humanité ». « Le visiteur voit tout de suite que l’image n’est pas la réalité, qu’elle la tord et que tout est construit » complète Alain Sayag, le commissaire de l’exposition.

Sûr de lui, Philippe Saurel a quand même pris quelques précautions avant l’ouverture au public. Il est venu en personne lire un à un les panneaux de présentation et n’a pas hésité à les corriger : « Tout a été fait pour qu’il n’y ait aucune méprise ni équivoque ». À l’entrée du Pavillon Populaire, en plein cœur de Montpellier à deux pas de la place de la Comédie, un portique détecteur d’objets accueille le public, sait-on jamais. « C’est vrai qu’on était un peu inquiets » reconnaît Alain Sayag, « c’était un peu dangereux ».

Jusqu’à présent aucune critique ne s’est élevée contre cette initiative. Si ce n’est qu’au terme de la visite, « on en a un peu assez de voir la bobine d’Hitler » comme l’admet Alain Sayag. Seul instant de légèreté à mi-parcours, des extraits du « Dictateur » de Charlie Chaplin sont diffusés sur un écran TV.

Publié dans Articles de Presse

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