La Gestapo traquait et torturait les résistants de la région à La Madeleine (1/2)

Publié le par La Voix du Nord

La Gestapo traquait et torturait les résistants de la région à La Madeleine (1/2)

Grégory Célerse, conseiller à l’office du tourisme de Lille, est spécialiste de la police politique nazie. Il effectue depuis huit ans un travail de fourmi sur les traces de la Gestapo. Il nous livre les secrets horrifiants mais incontournables sur l’histoire de La Madeleine, où la Gestapo a eu son siège régional pendant toute l’occupation allemande.

La Gestapo traquait et torturait les résistants de la région à La Madeleine (1/2)

Les murs de La Madeleine renferment les mystères de la police politique allemande « Sipo-SD » chargée de traquer les Résistants, les communistes et les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. «  La Madeleine avait été choisie par les Allemands car elle permettait un accès très facile vers Lille grâce au grand boulevard et qu’elle se situait à mi-chemin avec les deux bassins industriels de Roubaix et Tourcoing, foyers syndicalistes d’extrême gauche  » éclaire l’historien.

Ils ne sont qu’une vingtaine d’officiers à s’installer en août 1940 au 4, avenue du Jardin-Botanique (actuelle avenue du Maréchal-Leclerc). Bien vite, ils font la demande au maire de la ville de leur trouver des bâtiments plus grands. «  Par manque de cellules, les officiers enfermaient leurs prisonniers dans leur salle de bains, où ils procédaient à des tortures par noyade dans les baignoires  ». Le célèbre résistant Denis Cordonnier membre du réseau Gloria SMH a d’ailleurs séjourné dans ces premiers locaux.

Le 10 décembre 1942, le maire ordonne donc aux locataires des 18 et 20 rue François-de-Badts d’évacuer leur logement et de laisser place nette à midi. Au plus fort de la guerre, alors que la Résistance est déjà bien implantée, une cinquantaine de membres de la Gestapo (officiers, dactylos, chauffeurs…) prend place dans ces locaux à peine vidés. «  Une porte est percée entre les deux bâtiments : le 18 est réservé à l’administration de la police et le 20 aux logements des policiers. À la cave, quatre minuscules cellules sont construites.  » Des lieux exigus qui ne permettent pas de s’asseoir, afin, qu’à la fin de la journée, les prisonniers de Loos, exténués soient plus enclins à avouer…

Départ précipité

En mai 1944, la Gestapo organise son troisième déménagement avenue Saint-Maur, elle n’y restera que quelques mois puisqu’elle prend la fuite le 1er septembre 1944 alors que les troupes alliées sont aux portes de Lille. Dans ce départ précipité, l’administration prend soin de brûler tous ses dossiers dans la cour du bâtiment. Walter Paarman, chef SS veille néanmoins à garder les fiches des détenus de la prison de Loos, c’est lui qui organise le dernier convoi du train qui partira en fin d’après-midi vers l’Allemagne.  

Contact Grégory Célerse : nordoccupe@gmail.com

Publié dans Articles de Presse

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