Le 11 septembre 1948, le Corrézien Henri Queuille accède à la présidence du conseil

Publié le par Eric Porte

Le 11 septembre 1948, le Corrézien Henri Queuille accède à la présidence du conseil

Bien avant Jacques Chirac ou François Hollande, Henri Queuille, maire de Neuvic, près d'Ussel, a été l'un des premiers élus corréziens à accéder à des responsabilités nationales. 

Né en Corrèze le 31 mars 1884, Henri Queuille est décédé le 15 juin 1970.

Né en Corrèze le 31 mars 1884, Henri Queuille est décédé le 15 juin 1970.

C'était il y a 70 ans exactement : grâce au vote de l'Assemblée nationale, intervenu dans la nuit du 10 au 11 septembre 1948, le maire de Neuvic, commune de haute Corrèze, accède à la présidence du conseil (*). Autrement-dit, Henri Queuille devient chef de gouvernement de la toute jeune IVe République, présidée alors par Vincent Auriol.

Même si le contexte est particulièrement délicat, avec notamment une crise financière qui mine le pays, cette nomination est l'aboutissement d'une longue carrière politique pour ce Corrézien qui a été conseiller général, président du département, député et sénateur.

Médecin à Neuvic, Henri Queuille a démarré sa vie politique nationale dans l'entre-deux-guerres. Il a déjà été nommé dans des gouvernements de la IIIe République : sous-secrétaire d'Etat à l'agriculture en 1920, puis plus tard à la Santé publique, à l'Education sportive, aux Postes et télécommunications, aux Travaux publics et au Ravitaillement.

Déchu de sa nationalité française par le régime de Vichy, Henri Queuille rejoint Londres et le général de Gaulle durant la Seconde Guerre mondiale et préside, par interim, le Gouvernement provisoire de la République française entre juin et août 1944, lorsque le général de Gaulle doit s'absenter.

En 1948, il doit sauver le Franc

En août 1948, les gouvernements tombent les uns après les autres : celui d'André Marie le 27 ; nommé le 31 août, Robert Schuman lâche l'affaire au bout de trois jours ; Edouard Herriot refuse de prendre la suite, mais suggère son ami, Henri Queuille, membre du parti radical.

Sa mission s'annonce difficile, dans une France qui peine à se remettre sur ses deux pieds après la Libération. Henri Queuille prend des mesures impopulaires pour sauver la monnaie nationale (coupes budgétaires, hausse des impôts...).

En novembre 1948, son gouvernement doit faire face à une forte agitation sociale. Henri Queuille envoie la troupe dans le Nord de la France pour reprendre, parfois de manière sanglante, les mines de charbon aux grévistes, dans un contexte quasi-insurrectionnel.

Le maire de Neuvic va rester au pouvoir jusqu'en octobre 1949, ce qui va constituer un record de longévité pour un gouvernement de la IVe République.

(*) Source : "100 ans en Corrèze, chronique au fil du siècle 1901-2000", de Jean-Michel Valade paru chez Gestes éditions en 2012.

Publié dans Articles de Presse

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