Régis Debray, autant en emporte le vent

Publié le par Louis Bulidon

Régis Debray, autant en emporte le vent

Notre penseur était l'invité ce jeudi de Guillaume Erner dans ses matins de France Culture à propos de la sortie d'un dernier livre," l'Angle mort".

Régis Debray, autant en emporte le vent

J'ai l'habitude de l'écouter phraser sur cette chaîne. L'homme est certes érudit et brillant dans son propos mais sa propension à étaler sa grande culture à force de citations tant philosophiques qu'historiques ne fait qu'élargir la distance  qu'il entretien avec ses auditeurs. Guillaume Erner s'est fait plaisir en déplaçant la discussion sur les grands de ce monde, ces grands disparus de l'histoire moderne de la France. Et d'interroger son invité sur l'identité de la droite française à travers Pétain et de Gaulle pour enchaîner ensuite sur la stature politique d'un François Mitterrand.

A quelques années près, je suis de la génération de Régis Debray et grande fut ma déception sans être une surprise de voir notre héros s'étaler sur la grandeur de de Gaulle, homme du 19ème siècle et visionnaire du monde moderne. Il fut de bon ton dans cet entretien de rappeler la fraternité de combat idéologique de Régis Debray avec Che Guevara et Fidel Castro. Comment ne pas être surpris et moi tout particulièrement petit français d'entendre ce penseur glorifier de Gaulle et dire sa fierté d'avoir bénéficié de l'amitié de François Mitterrand. Pour moi, de Gaulle doit sa notoriété de personnage historique à l'appel du 18 juin à Londres alors que je le rend responsable de la poursuite de la guerre d'Algérie de 1958 au cessez le feu de mars 1962. La France libre porte un nom celui de la Résistance avec Jean Moulin, Pierre Brossolette, Jean Zay et autres martyrs de la lutte armée face à l'occupant nazi. Comment parler de vision politique d'un de Gaulle qui fort de sa prise de pouvoir après la libération de la France n'a pas vu la fin des empires coloniaux et a laissé s’amorcer et se poursuivre la guerre d'indépendance en Indochine puis en Algérie.

Quand à Mitterrand, que vaut l'estime d'un personnage politique aussi sombre pour peu que l'on fouille ses débuts avec le régime de Vichy qu'il a continué à fêter avec son ami René Bousquet, son compagnon de table pour la dégustation d'ortolans dans le sud ouest, sombre passé auquel a succédé celui de son attitude de flic implacable comme ministre de l'intérieur du gouvernement socialiste dans les premières années de la guerre d'Algérie. Non, décidément toute l'érudition de Régis Debray digne des plateaux de France Culture n'en fait pas l'homme de la vérité historique.

A quand une émission de Guillaume Erner sur le coût de la guerre d'Algérie dont le prix fut 30 000 tués du coté Français dont la moitié de jeunes appelés du contingent et 450 000 pour la rébellion Algérienne. La réhabilitation de la mémoire de Maurice Audin, espérons le, doit conduire le président Emmanuel Macron à lever le voile du silence sur cette guerre coloniale dont de Gaulle et Mitterrand figurent parmi les fossoyeurs?

Publié dans Articles de Presse

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