Sur la piste du diamant bleu, dimanche

Publié le par Ouest France par Metig Jakez-Vargas

L'affaire du diamant bleu avait défrayé la chronique à Brest au début du XXe siècle. Les Journées du patrimoine sont l'occasion de se replonger dans cette mystérieuse histoire.

Le château de Ker Stears abrite aujourd'hui le lycée Fénelon. |

Le château de Ker Stears abrite aujourd'hui le lycée Fénelon. |

L'histoire

Le vol du diamant bleu de la comtesse de Rodellec du Portzic à Brest, dans le château de Ker Stears, avait fait couler beaucoup d'encre dans la presse française au début du XXe siècle. À tel point que les faits avaient inspiré Maurice Leblanc pour une des nouvelles de son célèbre personnage, Arsène Lupin.

« C'est comme ça que j'ai connu l'affaire du diamant bleu. Enfant, je voyais le château de Ker Stears, qui est aujourd'hui le lycée Fénelon, de ma fenêtre. Cette histoire fait partie des mythologies brestoises », explique Arnaud Le Gouefflec, auteur d'une bande dessinée sur le diamant.

Un fait divers rocambolesque

Dans la soirée du 2 août 1906, les Rodellec du Portzic reçoivent des amis dans leur château, sur les hauteurs de Brest. L'un d'entre eux n'est autre que l'attaché de l'ambassade de Russie. « La comtesse se serait délestée de ses bijoux pour se mettre au piano », détaille Arnaud Le Gouefflec.

« Les soupçons de vol se portent vite sur l'attaché de l'ambassade russe. On retrouve le diamant dans sa boîte de dentifrice, car à l'époque, il n'y avait pas de tubes, 20 jours plus tard », continue le scénariste.

L'affaire défraie la chronique nationale et passionne le pays. « Le diplomate prétend que c'est une machination, et attaque la famille du Portzic en diffamation l'année suivante », poursuit Arnaud Le Gouefflec. Finalement, personne ne sera retenu coupable de ce vol.

Avant de se retrouver au doigt de la comtesse de Rodellec du Portzic, le diamant avait été arraché à la couronne de Louis Philippe Ier, duc d'Orléans, devenu roi de France en 1830. C'est le fils du roi, le Duc d'Aumale, qui avait ainsi prélevé une partie de son héritage.

Une pierre maudite

Celui-ci l'offre à son amante, Léonide Leblanc, une actrice de l'époque. À la mort de cette dernière, le diamant est mis en vente et racheté par la future comtesse de Rodellec, pour la somme de 50 000 francs : une fortune pour l'époque.

C'est ensuite sa fille qui récupère le bijou, Marie Antoinette Lydia Béatrice. Elle reste à Brest pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, alors que son château est occupé par les Allemands, et meurt lors de l'explosion de l'abri Sadi-Carnot. « Il n'y a plus de traces du diamant. Une des hypothèses est que sa dernière propriétaire se serait munie de ses bijoux pour se réfugier dans l'abri. Mais cette histoire est une machine à légendes », sourit Arnaud Le Gouefflec.

Dimanche 16 septembre, à partir de 15 h, jeu de piste organisé par la Ville de Brest sur les traces du diamant bleu, à l'occasion des Journées du patrimoine. Durée : 45 minutes. Point de départ au parc à Chaînes. Inscriptions au 02 98 34 26 10, ou par mail, à archives@brest-métropole.fr.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article