Seconde Guerre mondiale dans le Médoc : les familles de soldats allemands veulent savoir

Publié le par Julien Lestage

Seconde Guerre mondiale dans le Médoc : les familles de soldats allemands veulent savoir

Des familles de prisonniers allemands, durant la Seconde Guerre mondiale dans le Médoc, veulent retracer l’histoire de leurs parents en lançant un appel aux témoignages.

Dans le nord du Médoc, les blockhaus érigés par l’armée allemande témoignent encore de la guerre.Archives Laurent Theillet

Dans le nord du Médoc, les blockhaus érigés par l’armée allemande témoignent encore de la guerre.Archives Laurent Theillet

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sept décennies sont passées. Ce n’est pas si loin dans le temps. Dans le Médoc, il faut saluer le travail de l’historien Jean-Paul Lescorce. Depuis des années, avec une équipe de bénévoles, il fait la visite de bunkers entre Soulac et Le Verdon.

Ces immenses blocs de béton posés sur les dunes sont des témoins de l’histoire. À travers ces sorties, l’historien fait en sorte que ce qui a marqué une page de la vie du territoire ne soit pas oublié. C’est le devoir de mémoire.

Pour reconstituer l’histoire

Aujourd’hui, Christian Büttner et Elke Schwichtenberg, les fondateurs du site Internet Médoc actif, souhaitent revenir sur cette période de notre histoire et lancent un appel aux témoignages (1).

« Nous avons été sollicités par des familles de soldats allemands de la Wehrmacht, engagés en Médoc dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale et qui ont été faits prisonniers sur place. Le but est d’établir une documentation de toute cette période », précise Christian Büttner.

Ces familles posent des questions simples destinées aux Médocains qui pourraient encore livrer des récits. « Qu’est-il advenu de nos pères après la capitulation de la forteresse Gironde-Sud ? Où les soldats allemands, qui ont survécu aux bombardements des Alliés, ont-ils été retenus en captivité ? En dehors des travaux de déminage, où et à quoi ont-ils encore été engagés ? »

L’histoire du soldat Küllertz

Jean-Paul Lescorce participe à ce travail de recherche. Pour lui, « il y a évidemment un intérêt. Il s’agit de mieux connaître cette période. C’est notre histoire à tous ».

Dans les quelques témoignages transmis par des familles allemandes à Médoc actif, il y a celui de Willi Küllertz, dont le père, un soldat de la Wehrmacht, avait été fait prisonnier à la fin de la guerre. Le brigadier-chef mécanicien est à bord d’un torpilleur qui sera coulé par des bombardiers britanniques dans l’estuaire de la Gironde. Après avoir survécu à cette attaque, il sera fait prisonnier en avril 1945. À Soulac, il travaille à désamorcer les mines. Après quelques mois, il fut envoyé comme travailleur chez un viticulteur.

Sa famille raconte : « Là, les choses allèrent mieux pour lui. Au bout de peu de temps le “méchant allemand” faisait quasiment partie de la famille. Il rentra chez lui en décembre 1948. » Cette même famille, après des recherches intensives, a pu retrouver les descendants du viticulteur du côté de la commune de Saint-Germain-d’Esteuil.

« Cet été, nous sommes venus dans le Médoc. Nous avons fait connaissance. Des gens adorables et très respectueux. Ça, c’est l’Europe vivante ! » témoigne les Küllertz.

(1) Contact : pg@medoc-actif.eu ou par téléphone au 05 56 41 17 43.

Publié dans Articles de Presse

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