Centenaire de 14-18. Macron en immersion pour « rendre hommage et comprendre les leçons »

Publié le par Laurent Marchand

Centenaire de 14-18. Macron en immersion pour « rendre hommage et comprendre les leçons »

Cent ans après la fin de la Première guerre mondiale, le président Macron entame ce dimanche une semaine inédite de visites de terrain et de célébrations mémorielles, dans l’Est et le Nord de la France. Au total, de Strasbourg à Verdun et de Compiègne à Charleville-Mézières, Emmanuel Macron va traverser deux régions et onze départements. Profitant également de l’occasion de cette tournée pour renouer avec le monde rural.

Emmanuel Macron à l'entrée du palais de l'Elysée, le 29 octobre | LUDOVIC MARIN / AFP

Emmanuel Macron à l'entrée du palais de l'Elysée, le 29 octobre | LUDOVIC MARIN / AFP

Ce dimanche, c’est à Strasbourg que le président assistera à un concert en la cathédrale de la ville, en présence du président de la république allemande, Franck-Walter Steinmeier. Il y a cent ans, la fin de la Première guerre mondiale marquait le retour de l’Alsace et de la Lorraine dans le giron français. C’était alors une revanche sur la guerre de 1870.

Aujourd’hui, l’Élysée tient tout particulièrement à donner une dimension franco-allemande à ce Centenaire. Samedi prochain, c’est à Rethondes, lieu d’humiliations successives en 1918 et 1940, que le président et la Chancelière, Angela Merkel, ont décidé de se retrouver pour une cérémonie franco-allemande, à la veille du 11 novembre. Le 18 novembre prochain, le président est également attendu à Berlin pour de nouvelles cérémonies organisées, cette fois, par la partie allemande.

Honneur aux poilus

Dans l’entourage du président, à l’Élysée, on insiste sur un point. « Il s’agit de donner du sens au combat du poilu, ouvrier, paysan, instituteur tombé au champ d’honneur, de rappeler de qui nous sommes les héritiers et de partager cette mémoire ». Une façon de répondre aux polémiques de ces dernières semaines sur la prétendue réticence du président à célébrer la victoire française de 1918.

En choisissant de sillonner le territoire, d’honorer les plus humbles et en invitant à se joindre le président et la chancelière allemande ainsi que la Première ministre britannique, Emmanuel Macron pose sa vision du Centenaire. Il s’agit pour lui, manifestement, de privilégier le terrain et de poser, sans s’y attarder explicitement, un regard européen sur ces célébrations.

« Nous avons perdu la paix », dit Macron à Ouest-France

« Je ne veux pas simplement regarder l’histoire. Je veux rendre hommage et essayer de comprendre les leçons de cette histoire. C’est un message de célébration, de mémoire et d’avenir », déclarait jeudi le Président à Ouest-France. Il a convié les chefs d’État et de gouvernements qui participeront aux commémorations à un forum sur la paix, organisé à Paris du 11 au 13 novembre.

« Nous avons gagné la guerre, mais on célèbre tout à la fois la victoire et la paix, explique Emmanuel Macron. Si nous avons gagné la guerre, nous avons perdu la paix. Parce que cette victoire s’est construite sur l’humiliation du partenaire allemand. Le traité de Versailles a préparé les frustrations à venir. On ne gagne rien dans l’humiliation de l’autre. C’est pour cela que l’on a décidé de faire ce forum sur la paix. Et c’est pour cela que ce n’est pas qu’une célébration militaire. »

Un choix critiqué par les tenants de commémorations plus “classiques”. « C’est ce que certains n’ont pas voulu comprendre et la raison pour laquelle ils ont créé des polémiques, regrette le président. Il faut aussi célébrer la paix. La grande force des dirigeants de l’après Deuxième Guerre mondiale, qui a conduit à l’Europe, ce sont les leçons de Versailles. Ils ont décidé, non pas de mettre à genoux celui qui a perdu, mais de mettre ensemble ce avec quoi on se faisait la guerre : le charbon et l’acier. La CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) naît de cela. Et c’est le traité de Versailles qui la rend possible. »

Six jours d’itinérance

Emmanuel Macron se rendra lundi à Morhange (Moselle) où 27 000 soldats français ont été tués le 22 août 1914. La journée de mardi le conduira des Eparges (Meuse) - théâtre d’une bataille éponyme en 1915 - au champ de bataille de Verdun avant de rejoindre Reims où il inaugurera avec le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, la « Force Noire », un monument hommage aux forces africaines.

Après une étape à Charleville-Mézières (Ardennes), où le conseil des ministres se tiendra mercredi matin, Emmanuel Macron se rendra à la Flamengrie (Nord) où le premier coup de clairon du cessez-le-feu a retenti le 7 novembre 1918.

Il ira ensuite à Maubeuge, théâtre d’une bataille en août 1914, puis à Lens, rasée et envahie dès octobre 1914, avant de gagner vendredi Notre-Dame-de-Lorette et la ville d’Albert, transformée en champ de ruines après la bataille de la Somme d’août 1918. Il sera à cette occasion accompagné par la Première ministre britannique Theresa May. Son itinérance s’achèvera samedi 10 novembre par une cérémonie, à laquelle participera la chancelière allemand Angela Merkel, dans la clairière de Rethondes, à Compiègne (Oise) où fut signé l’armistice du 11 novembre 1918.

Des territoires frappés par la crise économique et sociale

Dans l’interview accordée cette semaine à Ouest-France, Emmanuel Macron a clairement exprimé le souhait que ce déplacement soit aussi l’occasion d’adresser un message à des territoires lourdement frappés le chômage. Ces régions « n’ont pas vécu que les guerres, elles ont également vécu la désindustrialisation et les coups de boutoir de la mondialisation », a-t-il déclaré à notre journal, en ajoutant qu’il voulait « montrer que ce sont des territoires d’avenir » en insistant sur les projets pour une ambition industrielle.

Des échanges avec des investisseurs, des élus locaux et des habitants sont notamment prévus. « Le président arrivera avec des solutions, des projets ou des réponses sur des dossiers divers qui peuvent être problématiques, ou qui peuvent simplement apporter des solutions à des problèmes locaux, dans le domaine de l’industrie, de la santé, de l’infrastructure etc. », indique-t-on à l’Élysée.

Publié dans Articles de Presse

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