Ollioules en pèlerinage au cimetière américain à Draguignan

Publié le par F.K.

Ollioules en pèlerinage au cimetière américain à Draguignan

Ce samedi 23 août, jour du 70ème anniversaire de la libération du village, une importante délégation d’Ollioulais conduite par leur Maire, Robert Bénéventi, s’est rendue au cimetière américain de Draguignan, pour y rendre hommage aux GI’s tombés aux côtés de leurs autres camarades français lors du débarquement en Provence des troupes alliées le 15 août 1944.

Conduite par Robert Bénéventi, maire de la commune, la délégation ollioulaise au cimetière américain de Draguignan

Conduite par Robert Bénéventi, maire de la commune, la délégation ollioulaise au cimetière américain de Draguignan

A Ollioules, le devoir de mémoire n’est jamais un vain mot. Et plus que jamais en ce 70ème anniversaire de sa libération des nazis par les troupes alliées après le débarquement en Provence, le 15 août 1944.

La liberté enfin retrouvée, on la devait à différentes unités, surtout françaises mais aussi américaines. Dès juillet 1944, les aviateurs américains avaient commencé à bombarder des sites stratégiques, risquant leur vie sous les tirs d’un ennemi résolu et fanatique. Et lors du débarquement proprement dit, dans les environs de Cavalaire puis ailleurs dans le Var, les combats, puis dans les semaines qui ont suivi, les pertes militaires ont été importantes. Et parmi elles, près d’un millier de soldats américains.

Des GI’s venus de toute l’Amérique

C’est à ces GI’s venus de tous les états d’Amérique que la ville d’Ollioules a tenu à rendre hommage, ce samedi matin, au cimetière américain à Draguignan en s’y rendant en délégation.

Conduite par Robert Bénéventi, Maire d’Ollioules, conseiller régional, cette délégation comprenait de nombreux élus du conseil municipal, du conseil municipal des jeunes, de l’Amiral François Le Flohic, ancien chef de camp du Général de Gaulle, du Lieutenant-colonel Wis, adjoint au délégué militaire départemental, du Capitaine Preault, officier supérieur adjoint au 519ème Groupement de Transport Maritime (basé à Ollioules), des associations patriotiques, des porte-drapeaux, de Miss Ollioules et ses dauphines, de responsables d’associations de la ville…

Au milieu des cyprès, 861 tombes blanches

A son arrivée à l’entrée du cimetière américain, à Draguignan la délégation ollioulaise a été accueillée par Richard Strambio, Maire de Draguignan entouré d’élus de son conseil municipal ainsi que de Bruce Malone, super intendant du cimetière.

Ensemble, sous la conduite de Jacques Thimoléon, maître de cérémonie, tous se sont dirigés ensuite, brandissant des drapeaux tricolores et la bannière étoilée, vers l’ « Ange de la Paix », cette gigantesque sculpture qui domine ce havre de paix éternelle, une pelouse verdoyante soigneusement entretenue de 5 hectares et bordée de cyprès et d’oliviers sur lesquelles sont implantées les croix blanches des 861 sépultures des John, des William…, venus de tous les Etats d’outre-atlantique pour délivrer notre pays, au cours de l’été 1944. Grand moment d’émotion quand cette délégation passe en un silence recueilli au milieu de toutes ces croix. Et devant la stèle où sont gravés les noms des soldats jamais retrouvés.

« Un geste de reconnaissance »

Après le dépôt de gerbe l’exécution des hymnes nationaux français et américain, Robert Bénéventi, Maire d’Ollioules, s’exprimera avec beaucoup d’émotion pour rappeler le sacrifice de ces hommes venus sauver un pays qu’ils ne connaissaient pas.

« Nous fêtons aujourd’hui le 70ème anniversaire de la libération d’Ollioules. Mais nous avons souhaité, en préalable, venir humblement nous incliner devant ces 861 tombes de soldats américains morts en 1944 pour la libération de la Provence. Pour nous, c’est un devoir de mémoire, mais c’est aussi notre reconnaissance à ces héros, morts à 20 ans, sur une plage ou un coin de Provence qu’ils ne connaissaient pas et pour libérer du joug du nazisme un pays qui n’était pas le leur ».

L’odyssée de Will Largent, un aviateur américain

Robert Bénéventi évoquait ensuite la mémoire de Will Largent, un ami américain, citoyen d’honneur de la ville d’Ollioules. Cet opérateur radio mitrailleur sur un avion « Maraudeur » avait appartenu à un groupe de bombardement basé en Sardaigne qui intervenait régulièrement sur l’Afrique du nord, l’Italie et le sud de la France. Au mois d’août 1944, au cours de sa 59ème mission dont l’objectif avait été de déterminer des emplacements d’artillerie allemande, son appareil fut abattu par la flak allemande au-dessus de Toulon et perdit son moteur droit. Will Largent sauta en parachute de 4.000 mètres( !) au-dessus des gorges d’Ollioules, fut grièvement blessé en touchant le sol. Dissimulé par l’épaisse végétation, il échappa à la capture et fut récupéré un peu plus tard par des résistants d’Ollioules qui le cachèrent dans une grotte.

Malheureusement ses blessures s’infectèrent, les partisans durent l’abandonner près d’un hôpital de campagne allemand après avoir prévenu les alliés qu’un aviateur américain avait été retrouvé.

Quand le prisonnier devient gardien

Il était alors le seul soldat allié hospitalisé, et on le plaça sous bonne garde dans une chambre particulière car bien des soldats allemands n’auraient pas hésité à l’achever. Mais peu après, en raison de l’avance des troupes alliées, Will Largent passa de l’état de prisonnier à celui de gardien lorsque fin août, l’Amiral Karl Erlich en personne lui rendit son épée et lui confia la garde des 93 malades et de l’équipe médicale de son hôpital.

Ce que nous devons à l’Amérique

Après avoir rappelé cet épisode, Robert Bénéventi ajoute :

« Aujourd’hui, les Etats-Unis, la France et l’Europe sont à nouveau engagés auprès des peuples opprimés. Le terrorisme fondamentaliste sévit dans de nombreux pays du monde en faisant de nombreuses victimes et en privant les peuples de ces pays des libertés essentielles. Nous sommes horrifiés par le lâche assassinat d’un journaliste américain… Dans ces heures sombres pour la liberté du monde, toutes les démocraties du monde se sentent, comme après le 11 septembre, intimement liées au destin de l’Amérique ».

Et cette conclusion :

« Comment, dès lors, en ce lieu de mémoire, ici, à Draguignan, en cette terre provençale irriguée par le sang de ses libérateurs, oser penser que l’Amérique d’aujourd’hui ne serait plus la digne descendante de celle de 1944, de celle de 1947, de celle de 1776, telle que l’ont voulue ses pères fondateurs »

Ollioules en pèlerinage au cimetière américain à Draguignan
Ollioules en pèlerinage au cimetière américain à Draguignan
Ollioules en pèlerinage au cimetière américain à Draguignan
Ollioules en pèlerinage au cimetière américain à Draguignan
Ollioules en pèlerinage au cimetière américain à Draguignan

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