En France, 54 personnes touchent encore une pension du régime nazi

Publié le par Coline Vazquez

En France, 54 personnes touchent encore une pension du régime nazi

Plus de 2 000 personnes, dont les trois quarts en Europe, ont touché en février des pensions versées à d'anciens collaborateurs du régime nazi ou à des personnes enrôlées de force, a indiqué à l'AFP vendredi le ministère allemand du Travail.

En France, 54 personnes touchent encore une pension du régime nazi

Ils sont 54 en France, 2 033 dans le monde, dont les trois quarts en Europe. Tous ont touché en février une pension pour leur action au sein du régime nazi, a indiqué le ministère allemand du Travail à l'AFP, vendredi. Ces anciens collaborateurs ou enrôlés de force lors de la seconde guerre mondiale ont depuis, touché de la part de l'Allemagne un versement allant jusqu'à environ 1 300 euros mensuels.

Cette gratification controversée remonte à une loi allemande de 1951, qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une indemnité. Seules les personnes touchées par une invalidité et qui n'ont pas été condamnées pour crimes de guerre sont censées pouvoir en bénéficier. «Mais les critères d'invalidité sont généreux. Quant à la question de la condamnation, dans les années 50, on ne savait pas trop qui avait fait quoi et on ne vérifiait pas avec le même sérieux qu'ensuite. Il y a une zone d'ombre», explique l'historien Christophe Brüll, spécialiste des relations belgo-allemandes à l'université du Luxembourg.

La prime bénéficie donc aussi à d'anciens nazis ou collaborateurs étrangers du régime d'Adolf Hitler et à des personnes enrôlées de force, bien que les ex-membres de la SS en soient exclus, comme toute personne condamnée pour crimes de guerre. Depuis 2008, la loi permet aux Länder allemands, qui versent ces retraites, de les suspendre. Mais cette possibilité a été peu utilisée, selon des données de 2017 du gouvernement fédéral allemand.

La Belgique au centre des critiques

C'est la Belgique qui a été la première pointée du doigt par le quotidien flamand De Morgen qui a révélé le 12 février dernier le versement toujours actuel de cette prime pour ««fidélité, loyauté et obéissance», promise par Adolf Hitler en 1941. La nouvelle n'a pas tardé à susciter de vives réactions notamment de la part de certains partis politiques belges. À l'occasion d'une audition devant la Chambre des représentants en 2017, l'ambassadeur d'Allemagne en Belgique à l'époque, Rüdiger Lüdeking, a affirmé que 27 personnes en Belgique touchaient encore cette pension. Mais le nombre total et l'identité des bénéficiaires sont inconnus à ce jour, l'Allemagne n'ayant jamais communiqué cette liste à la Belgique.

La presse nationale estime que plusieurs milliers d'anciens engagés en ont bénéficié, mais «personne n'a jamais fait de recherches approfondies sur le sujet», précise Christophe Brüll. «Les privilégiés étaient les habitants des Cantons de l'Est et d'Alsace, qui ont acquis la nationalité allemande après l'invasion nazie, mais aussi les Belges qui ont rejoint les Waffen SS pendant la guerre», détaille de son côté le chercheur, Alvin de Coninck, de l'association de survivants et de rescapés des camps de concentration nazis Remembrance, cité par De Morgen.

Suite à ces révélations, des députés belges ont décidé de s'attaquer à cette prime et ont voté jeudi un texte demandant au gouvernement de mettre fin à ce système de pensions versées par l'Allemagne.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article