Nécrologie Décédé jeudi soir, Pierre Péan avait ses attaches près de Nantes

Publié le par Presse Océan par Dominique Bloyet

L’écrivain et enquêteur Pierre Péan est décédé jeudi soir à l’âge de 81 ans. Natif de Sablé-sur-Sarthe, il possédait une maison à Maumusson d’où était originaire sa famille.

L’enquêteur-écrivain Pierre Péan est décédé jeudi à l’hôpital d’Argenteuil.  Photo archives CO-LC

L’enquêteur-écrivain Pierre Péan est décédé jeudi à l’hôpital d’Argenteuil. Photo archives CO-LC

La chancelière de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire lui avait adressé un mot le 20 juillet pour prendre de ses nouvelles. Pierre Péan lui avait répondu qu’il venait de passer trois semaines compliquées mais qu’il savait désormais de quoi il souffrait. L’enquêteur-écrivain qui laisse derrière lui une quarantaine de livres, s’est éteint jeudi soir à l’hôpital d’Argenteuil. Il avait 81 ans.

L’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire vient de perdre plus qu’un membre. L’auteur, entre autres, d’« Une jeunesse française » (sur le parcours politique de François Mitterrand entre 1934 et 1947) et de « La face cachée du Monde » (sur le quotidien sous la direction tripartite de Jean-Marie Colombani, Edwy Plenel et Alain Minc) était un membre actif de cette institution nantaise. « Il était le plus souvent à Paris mais il venait régulièrement à nos réunions. Soit il repartait le soir, soit il allait dans sa maison de Maumusson », se souvient Noëlle Ménard, la chancelière. Maumusson, petite commune du pays d’Ancenis d’où était originaire une partie de la famille de Pierre Péan.

Conseiller municipal à Maumusson

Il y avait acheté une propriété en 2001 et s’était même fait élire conseiller municipal en 2008. Mais il avait finalement jeté l’éponge au bout de deux ans avec la triste impression d’avoir « toujours été traité comme l’étranger, le Parisien », comme il l’avait écrit au maire dans sa lettre de démission. Pour autant, ce natif de la Sarthe qui avait fait ses études à Angers éprouvait un sincère attachement à Maumusson où il revenait souvent. Pierre Péan expliquait son attachement par une histoire que lui racontait sa mère quand il était enfant, celle d’un aïeul, Jean Terrien, dit Cœur de Lion, un redoutable chef chouan.

« C’était son port d’attache »

« Maumusson, c’était son port d’attache », poursuit Noëlle Ménard. L’ancienne responsable de la bibliothèque de Châteaubriant se souvient de sa rencontre avec le journaliste. C’était il y a 35 ans. « Il venait de sortir son livre sur la France Afrique, « Affaires africaines », et s’était retrouvé avec une bombe dans son jardin. Il avait donc décidé de se mettre au vert et s’était alors intéressé à ses ancêtres. C’est un coiffeur de Châteaubriant que Pierre appelait son parrain qui lui a dit de venir me voir à la bibliothèque », rapporte, émue, Noëlle Ménard. De ses recherches qui l’avaient également mené aux Archives départementales de Loire-Atlantique à Nantes, il avait tiré un livre, « Les Chapellières : une terre, deux destins en pays chouan » (Albin Michel, 1987) dans lequel il retraçait le destin croisé de deux hommes : son aïeul poussé à la révolte par les excès conventionnels, et le seigneur Jacques Defermon des Chapellières, qui épousa les idéaux de la Révolution. « Quand il avait appris que la propriété était en vente, il s’était aussitôt porté acquéreur. Il y venait l’été et dans le courant de l’année. C’est là qu’il aimait écrire ».

« Un homme libre »

« C’était un homme libre. Il faisait les livres qu’il avait envie de faire. Il prenait le temps de faire ses enquêtes, à ses frais, sans être tenu par des délais d’éditeurs », rappelle Jean-Yves Paumier, l’ex-chancelier de l’Académie que Pierre Péan avait rejoint en 2009 sur proposition de Noëlle Ménard. « Il avait une petite carte de visite sur laquelle était écrit : Pierre Péan, membre de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire », note avec émotion la chancelière. Elle salue l’ami qui vient de partir : « C’était un être charmant, avec un air de gros nounours. Mais il avait une vraie rigueur intellectuelle. Il ne parlait jamais ni n’écrivait quelque chose sans l’avoir contrôlé ».

À Guérande, le décès de Pierre Péan touche également les organisateurs du Festival du livre en Bretagne. Il devait être l’un des invités d’honneur de la 16e édition, les 23 et 24 novembre prochains, dont le thème est « Ecrivains-Journalistes ».

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