Grande dame de l'art, Monique Barbier-Mueller s’en est allée

Publié le par Léman Bleu par Jérémy Seydoux

Grande dame de l'art, Monique Barbier-Mueller s’en est allée

Monique Barbier-Mueller, présidente du musée éponyme s’est éteinte hier soir à l’âge de 89 ans, a appris Léman Bleu. Elle aurait soufflé 90 bougies le 21 novembre prochain. Le monde de l’art perd l’un de ses piliers. Elle rejoint dans le souvenir son défunt mari, Jean-Paul, décédé en décembre 2016. 

Laurence Mattet, directrice du Musée Barbier-Mueller, se rappelle avec émotion: «C’était une personnalité remarquable. Je me souviens d’une femme curieuse de tout, même des petites choses sans importance. Monique ne se contentait pas d’une explication simple!»

Fille du collectionneur Josef Müller, l’art était toute sa vie. Elle-même passionnée d’art contemporain, elle fut l’amie de grands noms tels que Diego et Alberto Giacometti ou encore Jean Tinguely. Sa tante, Gertrud Dübi-Müller, à qui Monique a consacré un ouvrage, était entre autres une proche amie du peintre Ferdinand Hodler. Amie de l’Afrique, elle avait d’ailleurs consacré sa dernière exposition à l’artiste sénégalais Malick Sidibé. 

Son engagement pour l’art a fait d’elle une femme décorée: Commandeur des Arts et des Lettres, Officier de l’Ordre du Mérite ivoirien et Dame de l’Ordre d’Isabelle la Catholique. Elle était jusqu’alors présidente d’honneur de la société suisse des collectionneurs, société qu’elle a elle-même fondée. Proche des Chirac, le couple Barbier-Mueller a fait et continue de faire rayonner ses collections à l’international. Sa collection privée d’arts primitifs constitue la plus importante du genre au monde.

En 2018, Monique Barbier-Mueller répondait à nos questions dans un grand entretien. Elle disait se réjouir de voir ses enfants atteints du même virus de la collection: «C’est épatant! Chacun d’eux a choisi sa voie et chacun d’eux flirte avec l’art - même un peu plus que ça - mais d’une façon personnelle. Ça donne des échanges et ça ouvre de nouvelles portes, c’est formidable!»

Monique Barbier-Mueller s’attaquait en ce moment avec un ami historien de l’art à l’analyse d’archives personnelles de son père pour en publier la biographie. L’oeil ardent, l’esprit vif, Monique Barbier-Mueller aura été pleine de vie jusqu’à son dernier souffle.

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