La Seconde Guerre mondiale vue par Toulouse au conseil départemental

Publié le par La Dépêche du Midi par Nathan Ramaherison

Depuis lundi, le conseil départemental de Haute-Garonne accueille entre ses murs l'exposition «Toulouse occupée, Toulouse libérée». Celle-ci retrace les événements de Toulouse et du département durant la Seconde Guerre mondiale.

L'exposition «Toulouse occupée, Toulouse libérée», a été inaugurée le lundi 26 août en présence des élus et des membres de l'association. Les panneaux relatent le déroulement de la guerre, du début de l'occupation à la libération en passant par la mobilisation de la résistance dans les maquis. Suite à l'inauguration, Monique Attia a fait une brève présentation./ Photo DDM, Valentine Chapuis

L'exposition «Toulouse occupée, Toulouse libérée», a été inaugurée le lundi 26 août en présence des élus et des membres de l'association. Les panneaux relatent le déroulement de la guerre, du début de l'occupation à la libération en passant par la mobilisation de la résistance dans les maquis. Suite à l'inauguration, Monique Attia a fait une brève présentation./ Photo DDM, Valentine Chapuis

Pointant du doigt un panneau sur l'occupation, Jean-Jacques Mirassou, vice-président du conseil départemental de Haute-Garonne, décrypte : «Voyez, sur ce panneau, voici la photo de Vincent Auriol, l'un de ceux qui se sont opposés au régime de Vichy.» En regardant de plus près, on remarque la photo du premier président de la IVe République, né à Revel en 1884. À sa droite, La Une du journal «La France de Bordeaux et du Sud-Ouest». Elle titre sur l'établissement de la «nouvelle constitution de l'Etat français», conférant les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Nous sommes alors en juillet 1940. La France collabore avec le régime nazi.

Lundi soir, dans le hall B du conseil départemental, était inaugurée l'exposition «Toulouse occupée, Toulouse délivrée». Quelque 70 personnes étaient présentes, parmi elles, plusieurs membres de l'association des «Fils et Filles de tués», qui a élaboré chaque panneau retraçant le déroulement de la guerre. Déjà présentée à la maison des associations ou encore à la préfecture, l'exposition a éveillé les consciences selon Monique Attia, présidente des «Fils et Filles de tués» de la Haute-Garonne. «On a constaté cette année que beaucoup de jeunes enseignants sont beaucoup plus motivés que les anciens pour transmettre cette mémoire», se rappelle celle qui est également présidente du Souvenir français. Elle salue également les questions «sensées» posées par les élèves ayant déjà visité l'expo. «On va se donner les moyens, durant trois semaines, de populariser cette exposition, pour que les collégiens puissent venir voir tout ça», ajoute Jean-Jacques Mirassou.

La Haute-Garonne, bastion de la Résistance

Car l'histoire de libération de Toulouse est forte. En 1942, les forces d'occupations prennent le contrôle de la zone sud du territoire français. La Ville rose n'a pas subi comme d'autres cités les combats. Dans le département, les forces de la résistance ont en revanche pris place pour se développer. En juin 1944, le maquis de ravitaillement de Saint-Lys est créé. Il est attaqué et détruit le 12 juin, mais servira de base pour les résistants. Le 19 août, quelques jours après le débarquement allié en Provence, le colonel Serge Ravanel, nommé chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) sonne la charge. Le maquis Roger, situé au nord de l'agglomération toulousaine, pénètre dans la ville. Sur la rive gauche de la Garonne, les maquis de Rieumes et de Muret, très coordonnés, prennent place au niveau de Saint-Cyprien. Dépassées, les forces allemandes sont contraintes de quitter Toulouse. La ville est délivrée.

L'exposition se trouve au conseil départemental jusqu'au 22 septembre, dans le hall B de l'Hôtel du département.

Le chiffre : 37

Nombre de panneaux > que compte l'exposition. L'élaboration de l'ensemble a nécessité plusieurs années de collecte d'informations, pour retracer la genèse de l'occupation et de la résistance en Haute-Garonne.

Une ombre au tableau

Saluée par les différentes parties présentes, l'exposition ne présente pas l'ensemble des 37 panneaux. Il en manque un, notamment, celui d'Alfred Nakache. L'ancien nageur toulousain, déporté pendant la Seconde Guerre mondiale, est une figure. Pourtant, ni son nom, ni sa photo, n'apparaissent dans l'exposition, au grand désarroi de sa nièce Yvette Benayoun. «Quand il a fallu faire un travail sur Alfred, j'avais des informations que j'ai transmises, il existe bien un panneau, et ça me fait de la peine qu'il ne soit pas là», déplore-t-elle. Pour l'ancienne députée socialiste, l'interrogation est légitime : «C'est d'autant plus triste que cette année, il est rentré au Panthéon mondial du sport.» Le «nageur d'Auschwitz» avait été intronisé en mai dernier au Swimming Hall of Fame de Miami aux Etats-Unis.

Publié dans Articles de Presse

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