Le journaliste d’investigation Pierre Péan est mort à l’âge de 81 ans

Publié le par Ouest-France avec AFP

Le journaliste d’investigation Pierre Péan, né à Sablé-sur-Sarthe en 1938, est décédé jeudi 25 juillet. Il avait notamment révélé l’affaire des diamants de l’empereur Bokassa ou travaillé sur le passé de François Mitterrand.

Pierre Péan le 4 février 2009. | MIGUEL MEDINA / AFP

Pierre Péan le 4 février 2009. | MIGUEL MEDINA / AFP

Le journaliste Pierre Péan, enquêteur chevronné ayant pour sujets de prédilection l’Afrique, les médias et la face cachée des personnalités politiques, avec notamment le passé trouble de l’ex-président socialiste François Mitterrand pendant l’occupation nazie, est mort jeudi. Il est décédé « des suites d’une maladie » à l’hôpital d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise, a précisé son fils, l’écrivain Jean Grégor, avec qui il avait rédigé son dernier livre, « Comme ils vivaient », une enquête sur le génocide méconnu des Juifs de Lituanie, parue l’an dernier au Seuil.

« Pierre Péan, le grand journaliste d’investigation, est mort jeudi soir 25 juillet à l’âge de 81 ans », avait annoncé L’Obs sur son site internet, saluant « l’un des plus grands journalistes d’enquête français ».

Christophe Nick, auteur avec Pierre Péan d’une enquête sur TF1 en 1997, a également annoncé ce décès sur sa page Facebook : « C’est terrible. Le Patron, Pierre Péan, mon ami, est parti ce soir. »

Mitterrand et Vichy

Pierre Péan s’est fait connaître avec ses enquêtes fouillées au long cours, qu’il publiait à raison d’un livre tous les un ou deux ans. Son coup de maître, il le réalise en 1994 avec « Une jeunesse française : François Mitterrand 1934-1947 », dans lequel le président socialiste s’explique pour la première fois sur son appartenance à la droite pétainiste qui allait engager la France dans la collaboration avec l’occupant nazi, avant son action dans la Résistance.

N’ayant jamais peur des polémiques, il enquêtera aussi sur Jacques Chirac, Bernard Kouchner ou Jean-Marie Le Pen.

L’Afrique, sujet de prédilection

En 1979, ce fils d’un coiffeur de l’ouest de la France, qui avait débuté dans des cabinets ministériels au Gabon avant de se lancer dans le journalisme, passant par l’AFP (Agence France presse) puis l’hebdomadaire L’Express, sort dans Le Canard enchaîné sa première grande affaire.

Il s’agit de diamants que l’empereur Bokassa de Centrafrique aurait offert au président français Valéry Giscard d'Estaing. Le scandale aura un grand retentissement à deux ans de l’élection présidentielle.

En 1983, ce tiers-mondiste dans l’âme publie « Affaires africaines », sur les relations entre la France et le Gabon.Il reviendra sur les sujets africains avec le génocide rwandais (dans « Noires fureurs, blancs menteurs » en 2005), où certains de ses propos sur les Tutsis feront polémique.

« Ma méthode est exclusivement fondée sur le temps », expliquait celui qui s’est aussi intéressé aux grands médias avec son livre « TF1, un pouvoir » (avec Christophe Nick) et son enquête « La Face cachée du Monde » (2003, avec Philippe Cohen) qui met à mal la réputation du quotidien français le plus respecté.

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